La villa C et ses images manifestes, 1929-1939

Richard Klein

 

texte paru dans les Cahiers thématiques - Architecture Histoire / Conception, n2, "La réception de l'architecture", publication des équipes de recherche de l'Ecole d'architecture de Lille, éditions de l'Ecole d'architecture de Lille - Jean-Michel Place, août 2002

 

 

En 1928, dans Bauen in Frankreich, Eisen, Eisenbeton, évoquant la génération intermédiaire située entre Perret et Le Corbusier, Mallet-Stevens est désigné par Sigfried Giedion comme "l'élégant du mouvement, [...] un formaliste endurci qui pare la vieille ossature de nouveaux habits"(1). Une photographie peu valorisante du pavillon du tourisme de l'exposition de 1925, dans laquelle on distingue surtout un arbre au premier plan, une vue de la villa de Paul Poiret à l'abandon, légendée Château Poiret resté inachevé, encadrent l'analyse de la rue Mallet-Stevens dont les images sont reportées à la page suivante. Si le poids des commentaires et des images choisies par Sigfried Giedion est limité, en France, à la faible portée de l'ouvrage, la position de Giedion aura des conséquences internationales sur l'évaluation de l'uvre de Mallet-Stevens jusque dans l'historiographie la plus récente. Au moment de cette mise à l'écart, Mallet-Stevens est un des rares jeunes architectes français dont la notoriété peut rivaliser avec celle de Le Corbusier. La période de la conception et de l'édification de la villa Cavrois (2) correspond précisément à cette période où les enjeux des projets sont intimement liés aux stratégies professionnelles qui passent par la prise de position dans l'actualité architecturale et la diffusion des images d'architecture.

Les premières traces du projet datent de 1929 et la villa est utilisée dans sa configuration initiale de la fin de chantier en 1932 jusqu'au début de la seconde guerre mondiale. Cette courte période de stabilité matérielle est aussi caractérisée par une très large diffusion des images de la villa. Localement, la réalisation ne suscite pratiquement aucun débat et la demeure ne semble être vouée qu'à accueillir la quiétude de la famille nombreuse qui y réside. Aucun article dans la presse locale ne contredit cette vocation. La maison ne semble avoir été reçue que par le milieu professionnel et le milieu social du commanditaire. Ceux qui ont participé au chantier sont impressionnés par la réalisation et en gardent quelquefois un souvenir relativement précis mais qui reste personnel (3). Le milieu social du commanditaire, qui juge le choix de Paul Cavrois en dehors des normes, renforce l'isolement culturel du propriétaire (4) et de la propriété. Ce rejet et l'absence de réception locale qui caractérise la phase postérieure à l'édification annoncent une période d'oubli progressif et d'anonymat durable de l'édifice.

Entre 1932 et 1939, les images de la villa C sont pourtant diffusées très largement. Cette diffusion qui caractérisait déjà la phase d'élaboration du projet est amplifiée après son achèvement. Les supports sont variés, ils s'étendent des organes de presse spécialisés et professionnels jusqu'à la presse destinée à un plus grand public, et comprennent aussi les cimaises des expositions.

L'examen des modalités de diffusion des images, pendant cette période de faible réception locale et d'intense réception à distance, permet de revenir sur certaines caractéristiques de l'édifice mais aussi de mesurer sa place et sa fonction dans l'histoire.

 

1- Giedion (Sigfried), Bauen in Frankreich, Eisen, Eisenteton, 1928. Construire en France, en fer, en béton, éditions de La Villette, Paris, 2000, pour la traduction française, p. 106.

2- La villa Cavrois (1929-1932), Robert Mallet-Stevens architecte, est située à Croix dans le Nord de la France. Elle est classée au titre des Monuments historiques depuis la fin de l'année 1990.

3- C'est ce que révèlent les entretiens que nous avons menés avec des ouvriers actifs au moment du chantier de la villa.

4- Les entretiens que nous avons menés avec des membres de la famille du commanditaire confirment tous le rejet de la villa par le milieu social proche de Paul Cavrois.

 

 

La villa C en couverture de l'ouvrage de Léon Moussinac, Mallet-Stevens, G. Grès et Cie, collection "Les artistes nouveaux", Paris; 1931.

 

Manifeste plastique, manifeste technique

La première image de la villa C publiée est un dessin intitulé perspectives pour le hall représentant une vue intérieure de la pièce principale de la demeure. Ce dessin coloré paraît dans le Répertoire du Goût Moderne en 1929, au moment où la phase de conception n'est pas encore achevée (5). Sa caractéristique principale est sans doute de figurer l'échelle de la réalisation. Ce hall pourrait être celui d'un édifice public et le coin feu est indispensable pour le ramener à une échelle domestique. La quasi-absence de meubles - seul un fauteuil est figuré en amorce dans le coin en bas et à droite du dessin - et la très grande sobriété plastique de la représentation donnent le ton de la désincarnation qui sera un des caractères des images publiées de la villa. Le fond bleu de l'alcôve qui semble être accordé avec un à-plat du tapis ainsi que les différences de teintes entre les parois verticales montrent un intérêt peu courrant chez Mallet-Stevens pour la polychromie (6). Ces couleurs inaugurent paradoxalement une longue série de représentations photographiques en noir et blanc.

L'ouvrage Mallet-Stevens édité par les éditions G. Grès en 1931, est la première monographie consacrée à Robert Mallet-Stevens (7). Léon Moussinac, critique théâtral et cinématographique, y établit la biographie de Mallet-Stevens et présente en vingt-deux illustrations les projets de l'architecte réalisés entre 1923 et 1934. Le texte se termine par une curieuse tirade qui trahit l'engagement politique de son auteur : "Si une société a, aussi, l'architecture qu'elle mérite, c'est bien sa propre condamnation que signe aujourd'hui la société bourgeoise en refoulant ceux qui n'acceptent point de servir ce qu'il y a de plus médiocre, de plus vulgaire et de plus lâche dans son esprit, ni d'être complices de cette absurde obstination à ignorer la raison profonde des grands mouvements sociaux et la puissance de ces nouveaux besoins économiques qui bousculent déjà le vieil ordre du monde." La villa C, qui figure sur la liste des réalisations (8), a été choisie pour illustrer la couverture de l'ouvrage. S'il est difficile d'imaginer qu'elle soit une illustration idéale du texte de Léon Moussinac, ce choix est en revanche significatif de l'importance que Mallet-Stevens accorde au projet. En 1931, la villa n'est pas encore tout à fait achevée et la vue de la façade ouest (9) qui a été choisie, montre des arbres maintenus par des câbles, des allées ponctuées de piquets provisoires et quelques manques dans le parement de briques du pignon. Cette place de choix accompagnée d'un relatif anonymat, signifié, ici, par l'absence de légende, illustre le mode de diffusion future de l'iconographie de la villa C.

Au mois de mai 1931, au cours de la deuxième exposition parisienne de l'Union des Artistes Modernes, une maquette et plusieurs photographies de la villa sont présentées (10). La maquette reproduit fidèlement les volumes de la villa, proposant une représentation sculpturale, abstraite et décontextualisée de l'édifice. L'exposition est commentée tardivement par P. Georges Valois dans L'Architecture d'Aujourd'hui: "Rob Mallet-Stevens (dont nous avons vu un assez bon buste) expose deux maquettes et des vues d'une villa en brique, d'inspiration néerlandaise, d'aspect très agréable, que nous espérons pouvoir publier bientôt en détail. À notre avis cette construction marque une étape importante dans l'évolution de cet architecte. Nous en reparlerons; mais nous aurions aimé voir des plans pour accompagner photos et maquettes." (11) La revue choisit de superposer la photographie de la maquette de la villa avec celle d'un projet de groupe scolaire (12). Les deux photographies sont légendées laconiquement Groupe scolaire et villa Rob Mallet-Stevens arch.

La publication des images de la villa C dans les revues et les ouvrages, la présentation de ses images dans les expositions, en simultanéité d'un projet encore non achevé, annoncent le décalage entre un usage qui n'est pas encore évalué par les commanditaires, et la valeur de substitution de l'image utilisée comme une démonstration professionnelle et stylistique, comme un instrument de propagande.

 

5- Répertoire du Goût Moderne, édition Albert Levy, Paris, 1929.

6- Cet intérêt est lisible dans les autres dessins de Mallet-Stevens publiés dans le recueil. Les salles d'étude ainsi que la chambre à deux lits, si l'on en juge par la facture et la disposition du mobilier, pourraient bien être aussi liées au projet de la villa C.

7- Moussinac (Léon), Mallet-Stevens, G. Grès et Cie, collection "Les artistes nouveaux", Paris 1931. Sur les principalement consacrée à la peinture, un seul ouvrage est consacré à l'architecture : Le Corbusier et P. Jeanneret par François de Pierrefeu.

8- La villa C figure dans cette liste sous le titre : Maison de M. C. à Roubaix, 1934.

9- Photographie de M. Roimarmier.

10- La deuxième exposition de l'Union des Artistes Modernes est présentée à la Galerie Georges Petit du 13 au 31 mai 1931. Le projet de maisons ouvrières que Robert Mallet-Stevens imagine pour la Lainière de Roubaix est présenté lors de la même exposition ; une maquette très détaillée et les plans sont exposés dans la salle de sculpture.

11- P. Georges Valois dans L'Architecture d'Aujourd'bui, nI, janvier-février 1932, p. 10. P. Georges Valois est un des pseudonymes de Pierre Vago.

12- Cette proximité sera l'occasion d'une certaine confusion dans l'ouvrage Robert Mallet-Stevens architecte, Archives d'Architecture Moderne, Bruxelles 1980. La photographie de la maquette de la villa C est légendée : maquette d'un groupe scolaire, projet de R. Mallet-Stevens, 1932. p. 50.

 

 

L'Architecture d'Aujourd'hui, n° VIII,

novembre 1932

La publication de l'important dossier dans le numéro VIII du mois de novembre 1932 de la revue L'Architecture d'Aujourd'hui a lieu quatre mois après l'inauguration de la villa C. Publié entre le numéro VII consacré à Auguste Perret et le numéro IX qui concerne l'hôtel Latitude 43 de Georges-Henri Pingusson, l'épais dossier est le premier du genre que consacre la jeune revue à une monographie d'édifice. Le dossier s'ouvre pourtant sur un texte de Robert Mallet-Stevens intitulé Architecture moderne (13). Son objectif est de défendre l'architecture moderne plus que de décrire l'édifice dont les représentations suivent. Si Robert Mallet-Stevens utilise l'argumentaire récurrent du discours des acteurs français du mouvement moderne - l'incompréhension d'un public plus enclin à la reconnaissance de la littérature, de la peinture ou de la musique - et constate cependant que la tendance moderne se répand dans l'architecture au quotidien, il répond indirectement aux attaques lancées par Camille Mauclair dans L'architecture va-t-elle mourir (14). La défense de l'architecture moderne, que Mallet-Stevens envisage dans la continuité d'une tradition française éternellement d'avant-garde, oriente quelque peu le sens de l'image qui lui fait face, une photographie de la façade sud de la villa C prise depuis l'est du terrain. Assez brutalement, la maison de M. C à Croix (Roubaix) devient la demeure française et la preuve que l'architecture moderne est inscrite dans une longue continuité de création nationale. Le commanditaire, il est vrai, n'est pas un artiste ni un riche mécène illuminé, mais un pragmatique industriel traditionnel du Nord et la taille de la maison ne peut pas être confondue avec la modestie de la plupart des réalisations des architectes modernes français.

Le texte de Pierre Vago, décrivant la réalisation, est rédigé sur un mode différent et ses formules directes insistent sur d'autres qualités du projet (15). Pierre Vago détaille les éléments techniques qui concourent à un confort domestique efficace et sophistiqué, et poursuit par une description factuelle de la construction. Présentée comme une réalisation fonctionnelle et réaliste, le rôle de la villa C est conforté par cette description qui ne verse jamais dans l'interprétation. Les documents, depuis le plan de situation accompagné des élévations sud et nord jusqu'aux plans des principaux niveaux, une coupe transversale et les élévations ombrées des deux façades ouest et est, sont accompagnés d'une échelle métrique permettant de mesurer les dimensions du projet. De très nombreuses photographies viennent à l'appui de ces documents graphiques pendant vingt-et-une pages. Les images intérieures bénéficient d'un commentaire spécifique sous la forme de légendes qui compensent le noir et blanc des reproductions photographiques en décrivant les matières et les couleurs de l'aménagement intérieur. À la fin du dossier, une place particulière est réservée à l'installation électrique, décrite par André Salomon : "L'installation électrique conçue par Mallet-Stevens dans la propriété de M. C. à Croix, constitue, tant par son ampleur que par la multiplicité des dispositifs adoptés, une des applications les plus complètes de la technique électrique à la décoration et aux usages domestiques." André Salomon y décline les principes de l'installation électrique, ceux de l'éclairage, le téléphone, la T.S.F., les pendules et les applications diverses de l'électricité. Deux photographies spécifiques, le plan de la distribution ainsi qu'une typologie des dispositifs d'éclairage illustrent ce passage. Le dossier s'achève par la photographie de l'impressionnante chaufferie et la liste de quelques-unes des entreprises ayant participé au chantier (16).

 

13- Robert Mallet-Stevens, architecture moderne, dans L'Architecture d'Aujourd'hui nVIII, 1932. Ce texte est issu d'une précédente livraison de la revue Le Mois.

14- Mauclair (Camille), L'Architecture va-t-elle mourir?. Éditions de la Nouvelle Revue Critique, Paris 1931, p. 71 et 72 : "[...] Nous ne faisons plus de cathédrales ni de palais. Mais nous faisons encore des maisons. Et nous ne voulons point qu'elles soient des termitières moulées en ciment-volapük international, de type uniforme et interchangeable. Nous protestons contre la cage impersonnelle; en style d'hôtel et de cabine, parce que nous sommes nés dans la maison française, simple, logique, vivante, perfectionnée par des siècles de goût héréditaire, de grâce transmise, d'intelligence et de tact."

15- Vago (Pierre), "La maison de M.C. à Croix (Roubaix)" dans L'Architecture d'Aujourd'hui nVIII, 1932.

16- Léon Planquart, Sulzer, Chaleur et Froid, Louis Allard Fils, Anciens Établissements Anconetti, Charles Blanc, Georges Moser et Cie, Cie des Téléphones Thomson-Houston. Ce numéro de L'Architecture d'Aujourd'hui consacre par ailleurs quelques pages à deux autres projets de Robert Mallet-Stevens : l'hôtel particulier du maître verrier Barillet à Paris et la maison Trapenard à Sceaux.

 

 

L'Architecture d'Aujourd'hui n°4 de mai 1933, p. 65, en haut la cuisine de la villa C.

 

Une diffusion par la publicité : la cuisine et l'éclairage

Les publicités de ce numéro sont logiquement adaptées à l'importance du dossier que la revue consacre à la villa. Qu'elles soient simplement rédigées (17) ou illustrées de photographies (18), ces publicités amplifient l'effet du dossier dans la partie réservée aux annonceurs (19). Bien après le numéro VIII de 1932 de L'Architecture d'Aujourd'hui et sur de nombreux autres supports, la publicité participe à la diffusion du nom et des images de la villa C comme référence d'un savoir-faire technique. Les établissements Charles Blanc font figurer plusieurs fois une photographie de la cuisine de la villa C dans des publicités ou des rédactionnels (20). Cette photographie d'Albin Salaün ne représente pourtant pas d'autres qualités que de laisser imaginer les dimensions de l'espace concerné. Ni la hotte démesurée ni l'équipement aligné ne présentent de caractéristiques architecturales identifiables à Robert Mallet-Stevens dont la signature est discrètement rappelée par le sol en damier noir et blanc et deux sièges métalliques à peine visibles sur le bord gauche du cliché, ici au service d'une esthétique de l'utile.

La cuisine de la villa C et l'image qui en est diffusée le plus fréquemment correspondent à un effacement de l'architecture devant l'équipement ménager que l'architecte appelait de ses vux dès 1931 : "Si un style moderne a été naturellement créé pour servir de cadre à la vie contemporaine, la cuisine n'a pas été oubliée. C'est elle, en effet; qui profite le plus des progrès de la science en matière d'habitation. [...] La cuisine moderne est un Salon des Arts Ménagers en miniature. Il paraît normal que de telles transformations apportées à une seule pièce de la maison aient fait naître une esthétique nouvelle." (21) Mais au registre de la diffusion des images par la publicité, l'éclairage de la villa assure les plus nombreux développements. La société Perfecla décline régulièrement la villa C dans ces encarts. En premier lieu, en figurant les photographies de la façade sud (photographe AIbin Salaün) accompagnées de la référence de la villa (22) puis en liste de référence avec la mention Le château de M. C. a été entièrement électrifié par Perfecla (Mallet-Stevens arch.) (23). En matière d'éclairage, la diffusion des images liées aux dispositifs d'éclairage dépasse très largement la revue L'Architecture d'Aujourd'hui pour se développer dans les revues professionnelles comme le BIP (24) dans lequel un article, accompagné de photographies inédites et de nouveaux schémas et croquis des dispositifs d'éclairage, décrit la villa C en reprenant les termes d'André Salomon dans L'Architecture d'Aujourd'hui (25). La diffusion par l'éclairage est internationale comme le prouve la présence de photographies de la villa C dans les recueils spécialisés étrangers (26) dans lesquels les images et schémas des dispositifs d'éclairage de la villa illustrent les nouvelles capacités architecturales des techniques modernes et assurent la promotion de Mallet-Stevens et d'André Salomon.

 

17- Manufacture d'appareils sanitaires Anconetti.

18- Entreprise de chauffage Sulzer

19- Les entreprises habituellement présentes dans la revue le sont aussi dans ce numéro de novembre 1932 (les parquets Noël, la société Anconetti) et ne vont pas adapter leur annonce à la référence de la villa C. L'entreprise de maçonnerie Léon Planquart est présente dans les encarts publicitaires à partir du numéro précédent consacré à Auguste Perret et pour quelques livraisons qui suivent avec un encart rédactionnel. Mais certaines autres entreprises utilisent les images de la villa comme une référence intégrée à leurs encarts publicitaires. C'est le cas de la firme de chauffage Sulzer qui utilise la photographie d'Albin Salaün ouvrant le dossier de la revue.

20- C'est le cas notamment dans L'Architecture d'Aujourd'hui n4 de mai 1933 et dans le n5 de juin 1933 dans lequel un article intitulé "La cuisine, une organisation d'étude et de réalisation au service de l'architecte" est en fait une publicité pour les établissements Charles Blanc illustrée de la photographie de la cuisine de la villa C. Cette image a été choisie assez curieusement pour illustrer un catalogue d'exposition intitulé Les premières fois qui ont inventé Paris, sous la direction de Philippe Simon, Pavillon de l'Arsenal, Picard, Paris, 1999, p. 85.

21- Robert Mallet-Stevens, L'esthétique de la cuisine; L'art ménager n50, mai 1931.

22- L'Architecture d'Aujourd'hui nIX, décembre 1932, n2, mars 1933.

23- L'Architecture d'Aujourd'hui n4, mai 1933, n6, juillet-août 1933, n7, octobre 1933, n10, décembre 1933...

24- Bulletin d'information et de propagande concernant les applications de l'électricité et le perfectionnement de l'éclairage.

25- Lepers (H.) (Ingénieur-électricien de la Société "Gaz et Électricité de la banlieue de Roubaix") "Une villa bien moderne", BIP, n61, novembre 1933, p.145 à 149.

26- Canesi (G.)- Cassi Ramelli (A.), Archittetture Luminose, Ulrico Hoepli editore, Milan, 1934, p.102 à 105 et 119. André Salomon utilise par ailleurs les images de la villa C dans les dépliants et brochures de la Société Mors-Perfecla.

 

 

L'Architecture d'Aujourd'hui n°1, de janvier-février 1933, p. 102, vue de l'exposition Architecture française présentée à la galerie Vignon à Paris du 11 au 23 février 1933.

 

Un outil de propagande pour exposition

Les expositions, qui constituent les principales manifestations de l'Union des Artistes Modernes, vont présenter à plusieurs reprises des images de la villa C. Au début de l'année 1932, lors de la troisième exposition de l'UAM (27), au moins deux photographies de la villa sont présentées en accompagnement des meubles de Pierre Chareau (28). À ce mode de présentation des expositions de l'UAM, L'Architecture d'Aujourd'hui répond en 1933 par une exposition parisienne exclusivement consacrée à l'architecture. La revue reproduit un article de la revue Beaux-Arts pour commenter la présentation : "Pour la première fois en effet, voici une exposition qui s'adresse essentiellement au public et qui ne comprend absolument que de l'architecture. Le visiteur n'est pas distrait par les meubles et des objets d'art présentés à proximité comme au pavillon de Marsan et au Grand-Palais où, quoi qu'on fasse, l'architecture, mère des arts plastiques et décoratifs, est traitée chaque année en parent pauvre. Ici sont seules exposées des photographies et des maquettes, à l'exclusion des plans, toujours peu intelligibles pour le profane. Or ce profane, c'est le client..." (29) Les architectures présentées reflètent le relatif éclectisme de la revue qui produit à l'occasion un modeste catalogue constitué de la liste des architectes et de leurs réalisations. Sous le nom des architectes, des photographies et quelques maquettes sont rassemblées dans l'espace de la galerie Vignon. Trois photographies de la villa (30) sur les quatre représentant le travail de Robert Mallet-Stevens sont exposées face à la maquette de la maison de verre de Pierre Chareau. L'inauguration de l'exposition par le ministre de l'Éducation nationale (31) suscite de nombreux commentaires dont certains évoquent les uvres présentées mais aussi le climat de raréfaction de la commande : "Derrière les deux chefs de file (Le Corbusier et Perret), s'avance pourtant; déjà plus tempéré, M Roux-Spitz, qui construit en ce moment l'immense hôtel central des chèques postaux, et la bibliothèque de Versailles. Le charmant et aristocrate Mallet-Stevens, avec sa jolie maison sur pièce d'eau bâtie pour un praticien de Roubaix apparaît un peu comme un Pétrone égaré dans ce cortège de titans, qui compte déjà ses morts, tel le regretté Henri Sauvage, dont on voit ici le magasin de verre, construit à Nantes, et la fameuse maison à gradins. [...]

- Voici le tragique de la crise actuelle, me confie André Bloc, l'animateur de l'exposition, qui vient de reconduire le ministre. La construction privée est arrêtée net. Seuls, l'État et les villes bâtissent encore. Nous sommes suspendus aux commandes officielles." (32) La villa C est aussi présentée lors de la quatrième exposition de l'UAM sous la forme d'une série de photographies. "1933. Année de crise. Pour en avoir une preuve, il suffit d'aller visiter le dernier salon de l'UAM rue Royale, à la galerie de la Renaissance. [...] Pierre Chareau et son collaborateur Bijwoet (sic) exposent une importante étude sur l'ensoleillement ; Mallet-Stevens une série de très belles photographies de la maison de M. Croix (sic) près de Roubaix. Cette uvre est déjà bien connue de nos lecteurs, nous la retrouvons avec plaisir." (33)

 

27- La troisième exposition de l'UAM se déroule au pavillon de Marsan, 107 rue de Rivoli à Paris, du 4 février au 7mars 1932. Les tirages photographiques qui ne sont pas les vues habituelles de la villa ont pu être réalisés pour la circonstance et il est vraisemblable qu'une maquette de la villa ait été aussi présentée.

28- C'est le mode de présentation qui prévaut pour l'ensemble de l'exposition. Une vue de l'exposition dans la revue Art et Décoration du mois d'avril 1932 a permis d'identifier cette présence de la villa. L'article de Jean Gallotti ne mentionne pas la villa C mais seulement : "À signaler aussi les envois de maquettes et photos de Lurçat et de Mallet-Stevens par lesquels ces deux créateurs ont pu nous montrer qu'ils ne restaient pus inférieurs à eux-mêmes."

29- G. B. G, "Les expositions de L'Architecture d'Aujourd'hui", L'Architecture d'Aujourd'hui n1, janvier-février 1933. La première exposition de L'Architecture d'Aujourd'hui, intitulée "Architecture française", est présentée à la galerie Vignon du 11 au 23 février 1933.

30- Les trois photographies de la villa C représentant la façade sud, la façade nord-ouest et une vue sud-est de la piscine sont d'Albin Salaün ; la quatrième représente la maison du maître verrier Barillet à Paris. Le catalogue de l'exposition mentionne : Maison de M. C. à Croix (Nord).

31- Le numéro de janvier-février 1933 de la revue L'Architecture d'Aujourd'hui est consacré aux écoles. L'inauguration de l'exposition par le ministre de l'Education nationale, M. de Monzie, a lieu le 10 février 1933.

32- de Waleffe (Maurice), "Le Paris de l'an 2000 a été inauguré cette nuit", Paris-Midi du 11 février 1933.

33- Roux (Marcel), L'architecture au quatrième salon de l'U.A.M., L'Architecture d'Aujourd'hui, n5, juin 1933, p. 97. La quatrième exposition de l'UAM est organisée par René Herbst à la Galerie de la Renaissance, 14 rue Royale à Paris, du 30 mai au 28 juin 1933.

 

 

Publicité Perfecla dans l'Architecture d'Aujourd'hui n°2, mars 1933.

 

Une demeure 1934, une consécration par la publication

C'est au cours du premier semestre de l'année 1934 que l'ouvrage Une demeure 1934 est publié. La formule choisie est celle d'une déclinaison du périodique qui en est l'éditeur : demi-format de L'Architecture d'Aujourd'hui présenté à l'italienne, une reliure spiralée, une couverture en carton fort pour protéger les pages de textes et de photographies dont la couleur, la typographie et l'impression sont au premier coup d'il identifiées à la revue. Introduits par un texte simple, les documents permettent de comprendre l'édifice sous tous ses aspects. La préface est signée de Jean Mistler alors ministre des PTT mais surtout ancien sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts ; elle résume le contenu de l'ouvrage en rendant hommage au concepteur d'"une des uvres qui marqueront notre époque" (34). Un texte de présentation, vraisemblablement écrit par Mallet-Stevens, suit cette introduction en reprenant les aspects manifestes qui ont jusque-là toujours accompagné les images de la villa. Ce texte comprend ensuite une longue énumération qui permet surtout de citer l'ensemble des entreprises ayant participé à la construction et sans doute au financement de la publication. Les termes pragmatiques du texte de L'Architecture d'Aujourd'hui de 1932 y sont repris. Le reste de l'ouvrage comporte quelques différences avec la présentation qui en avait été faite dans la revue. En premier lieu, un dessin, qui semble avoir été réalisé pour la circonstance, représente la façade nord stylisée, inscrite dans un tracé harmonique triangulaire. L'ordre des illustrations propose une promenade architecturale : la maison du gardien et l'entrée du domaine, les vues extérieures, l'intérieur, les terrasses, le parc, les documents graphiques et la liste des collaborateurs étant rejetés à la fin de l'ouvrage. Certains documents de L'Architecture d'Aujourd'hui n'ont pas été repris, d'autres sont réutilisés, de nouvelles photographies complètent le reportage de 1932 pour proposer des vues inédites. Ces dernières sont généralement constituées de parties de l'édifice qui n'étaient pas visibles dans le précédent reportage mais aussi de nouveaux points de vue des mêmes espaces. Ces vues inédites, dont certaines proviennent des différentes expositions qui ont présenté la villa, permettent d'attester du soin apporté à la fabrication du livre. Les espaces sont généralement présentés sous plusieurs points de vue, les cadrages sont soignés et complémentaires, les objets et meubles sont choisis en fonction d'une mise en scène calculée. Enfin, une dernière catégorie est constituée de clichés récents dont le cadrage est identique à certaines photographies précédemment publiées. Cette catégorie, même si elle est quantitativement moins importante, n'est pas la moins significative : la qualité des images est recherchée dans les moindres détails. C'est aussi sur ces quelques clichés que les seules traces d'occupation de la villa peuvent être remarquées : quelques modifications dans la position des meubles et des tapis, la venue d'objets du quotidien sur les étagères et vitrines, de fleurs dans les vases et, enfin, l'apparition assez systématique de crucifix rompent quelque peu l'unité stylistique de l'ensemble et incarnent timidement la vie dans la villa. À aucun moment dans l'ouvrage, le commanditaire n'est cité, seule la légende des plans signale propriété de Mr C. à Croix. Sur le plan de situation, identique à celui paru dans L'Architecture d'Aujourd'hui, la mention propriété de M. Cavrois a été supprimée.

Les vingt-huit pages d'Une demeure 1934 marquent certainement le point culminant de la diffusion des images de la villa C. La publication de l'ouvrage qui concorde avec la parution du manifeste de l'UAM (35), la qualité et la complétude des représentations photographiques, les textes d'accompagnement ainsi que le format de la publication consacrent le statut de manifeste que la demeure endosse depuis le temps de son élaboration.

 

34- Mistler (Jean), Une demeure 1934, éditions de L'Architecture d'Aujourd'hui, Boulogne, 1934. Rééditions par les éditions Jean-Michel Place, Paris, 2000.

35- Le 5 juillet 1934, Jean Carlu prononce un discours chez Robert Mallet-Stevens pour la remise du manifeste de l'UAM rédigé par Louis Chéronnet.

 

 

Une liqueur hollandaise dans une bouteille gauloise

L'article signé par Howard Robertson (36) et paru dans The Architect and Building News du 29 juin 1934 est le premier article qui consacre la réalisation dans la presse spécialisée étrangère. Il fait suite à l'achèvement de l'édifice mais surtout à la parution d'Une demeure 1934. Le texte en reprend le contenu descriptif et technique ainsi qu'une partie de l'iconographie. Si le texte d'Howard Robertson est le résultat de la réception d'Une demeure 1934 plus que d'une hypothétique visite de la demeure, ses commentaires situent toute l'importance de l'édifice dans l'uvre de l'architecte et aussi ses filiations : "L'intérieur de la maison de Roubaix est la quintessence des prédilections et expériences de Mallet-Stevens mais avec le traitement de l'extérieur on est transporté en Hollande et l'on peut penser à l'équivalent d'une liqueur hollandaise dans une bouteille très gauloise (37). Il n'y a pas d'étiquette, seul le parfum peut mener à une origine lointaine. De nos jours, ces références internationales sont si répandues que le critique est souvent un peu trop confiant dans ces attributions. Cependant il est difficile de penser que sans la Hollande et peut-être sans Dudok, la maison de Roubaix serait ce qu'elle est.

La longue ligne des balcons, la force des formes géométriques puissantes, l'acceptation de la valeur d'un accent dramatique, le fait de souligner d'épais joints horizontaux contrastant avec d'étroites perpendiculaires sont des caractéristiques de l'influence qui a culminé dans le travail d'Hilversum. Même s'il y a une parenté, on doit admettre que l'impression donnée par les proportions et la liberté des percements respire une certaine affabilité qui est plutôt bienvenue après un tel effort de perfection et la formule est tout à fait réussie. En fin de compte la petite faiblesse dans le travail moderne de brique de Mallet-Stevens est plutôt plaisante car elle est le résultat d'une certaine franchise montrant à l'extérieur ce qui est souhaitable à l'intérieur. Et on peut penser que devant un problème informel qui est celui d'une maison, il est légitime d'abandonner la logique pour un petit morceau de bravoure et de fantaisie. On trouve ces touches à Roubaix dans les faces des balcons et dans les bacs à fleurs. Cela semble un peu sophistiqué parce que peu commun. Mais le sont-ils plus que les fenêtres modernes maintenant admises, dont les linteaux sont matérialisés par une simple rangée de panneresses ?" (38) À l'appui d'une des rares lectures critiques et interprétatives de la villa C pendant la période proche de sa réalisation, l'auteur mentionne quelques défauts du plan comme l'absence de hiérarchie entre les pièces. Quatre photographies extérieures, quatre photographies intérieures, deux plans et le dessin de la couverture d'Une demeure 1934 illustrent ces longs développements qui constituent l'article le plus conséquent paru dans la presse étrangère après l'édification de la villa C.

 

36- Né aux États-Unis à Salt Lake City en 1888 d'une mère américaine et d'un père anglais, Howard Robertson est l'auteur de très nombreux articles dans la presse spécialisée (particulièrement dans The Architect and Building News) et de plusieurs ouvrages dont : Principes of architectural composition (1924), Modern French Details (1928, avec F.R. Yerbury), Modern Architectural Design (1932) et Architecture Arising (1944). De 1920 à 1935, il enseigne et dirige l'Architectural Association School et apporte la connaissance de l'architecture européenne en Grande-Bretagne. Howard Robertson meurt en 1963 après avoir livré ses souvenirs dans une chronique intitulée "Obbligato to Architecture" dans la revue The Builder d'avril à juin 1962. À ce sujet, Dictionary of National Biography, 1961-1970, Oxford University Press, 1981, Contemporary Architects, MacMillan, Londres 1987.

37- Nous aurions volontiers inversé l'ordre de la proposition mais la traduction est bien celle-ci.

38- Robertson (Howard), "A house at Roubaix, France Architect : Rob Mallet-Stevens", The Architect and Building News, 29 juin 1934, p. 375 à 379. Traduction Chantal Duprey et Richard Klein.

 

 

La couleur de l'anonymat

Entre 1932 et 1939, les images de la villa C sont diffusées anonymement sur un grand nombre de supports. Dans un numéro de janvier-février 1933, la revue L'Architecture d'Aujourd'hui (39) consacre quelques pages aux nouveaux membres de son comité et illustre la courte notice biographique de Mallet-Stevens par une photographie de la façade sud simplement légendée Maison à Croix. Arch. Rob. Mallet-Stevens. En 1934, la photographie de la cuisine est légendée M. R. Mallet-Stevens dans un numéro de la revue Acier (40). Dans ce même numéro, une photographie du vestibule ainsi que la façade sud sont légendées des noms de l'architecte et de l'entreprise de menuiserie métallique. Robert Mallet-Stevens choisit une des photographies aériennes prises au moment de l'inauguration de la villa et une vue de Latitude 43 de Georges Henry Pingusson pour illustrer son article Architecture "d'aujourd'hui" dans L'Architecture d'Aujourd'hui n9 de 1935. Le texte qui ne contient aucune mention de la villa C oppose l'idée d'une architecture moderne internationale à la virulence des attaques régionalistes et nationalistes. La villa C, après avoir illustré la maison française en 1932, illustre l'architecture moderne internationale.

Quand la revue Miroir du Monde (41) consacre un numéro spécial à l'architecture en 1936, la villa C figure comme illustration de deux contributions qui ouvrent la revue : celles de Pierre Vago et d'Auguste Perret. Alors qu'un rapprochement visuel particulièrement pertinent est opéré entre l'hôtel de ville d'Hilversum, la villa C et l'hôtel de ville de Cachan (42), le texte de Pierre Vago, Tendance et problèmes de I'Architecture, ne dit rien de cette comparaison ni des édifices qui la composent. Sur cette page (43), la villa C est légendée : Un hôtel particulier dans le Nord. Le texte d'Auguste Perret intitulé Habitations est illustré de deux vues de la villa C : la photographie aérienne parue précédemment dans L'Architecture d'Aujourd'hui, légendée Villa à Roubaix et la photographie de la cuisine d'Albin Salaün, légendée cuisine à appareillage électrique. À aucun moment, Auguste Perret n'évoque la réalisation dans le texte.

Le journal L'illustration, dans un numéro spécial principalement consacré à l'architecture (44), publie la première - et pendant encore longtemps la seule -photographie en couleur de la villa C. Si l'ensemble du numéro accorde une grande place aux architectures régionalistes d'Henry-Jacques Le Même ou de Louis Quételart et au rationalisme d'Auguste Perret, une curieuse double page, sans texte rédigé, présente deux villas de style moderne. La première est la maison à Ville-d'Avray d'André Lurçat dont seule la vue extérieure permet l'identification. Une vue du jardin et trois vues intérieures montrent, sans aucun commentaire, les transformations de Jean-Charles Moreux qui rendent la maison méconnaissable. Un plan du rez-de-chaussée simplifié mais surtout une photographie en couleur de la façade sud de la villa C apparaissent légendés sous le titre Villa de Croix (Nord), Mallet-Stevens, architecte. Alors que la photographie colorée permettrait enfin, dans une publication de très grande diffusion, sept années après son achèvement, de saisir une dimension jusque-là ignorée de l'édifice, cette présence discrète et confuse renforce le caractère anonyme et paradoxal de la diffusion des images de la villa.

Pendant les quelques années où l'édifice reste conforme à son usage initial, la disparition progressive du nom du commanditaire ou la multiplication d'images non localisées caractérisent les représentations de la villa C. Ces images constitueront, jusqu'à nos jours, le masque de la réalité et de l'évolution matérielle de l'édifice. Durant les phases qui constituent l'histoire mouvementée de la demeure (45), ces images sont reproduites et diffusées régulièrement comme pour confirmer qu'à aucun moment ces représentations n'étaient celles d'un usage mais qu'elles n'illustraient que le statut iconique et manifeste de cette architecture.

 

39- L'Architecture d'Aujourd'hui, n1, 1933, p. 106.

40- Acier, "Architecture extérieure, architecture intérieure, décoration, la rue, théâtres, écoles, musées, moyens de transport, maison en acier et verre, bijoux", Paris, 1934. La revue Acier est l'organe de l'Office Technique pour l'Utilisation de l'Acier (OTUA), fidèle soutien de l'UAM.

41- Miroir du Monde, n318, "Maisons, édifices et villes d'aujourd'hui", du 4 avril 1936.

42- Chollet, Mathon et Chaussat architectes.

43- Mirroir du Mond, n318, du 4 avril 1936. p. 3.

44- L'Illustration, "L'habitation", 20 mai1939.

45- Usage militaire (1940-1945), transformations par l'architecte Pierre Barbe (1947-1957), nouvel usage familial et division foncière (1957-1986), changement de propriété, protection administrative et destruction matérielle (1987-2001).

 

 


 

Résumés / Abstracts

 

La villa C et ses images manifestes, 1929-1939

Richard Klein

Entre 1929 et 1939, les images de la villa Cavrois (1929-1932), de l'architecte Robert Mallet-Stevens, sont diffusées très largement. Les supports de ces représentations sont variés, ils s'étendent des organes de presse spécialisés et professionnels jusqu'à la presse destinée à un plus grand public, et comprennent aussi les cimaises des expositions. L'examen des modalités de diffusion de ces images, pendant une période de faible réception locale et d'intense réception à distance, permet de revenir sur certaines caractéristiques de l'édifice mais aussi de mesurer sa place et sa fonction dans l'histoire. La diffusion des images d'architecture correspond à des enjeux doctrinaux et des stratégies professionnelles qui masquent, dans le cas présent, les usages et l'état matériel de l'édifice.

 

 

Villa C and its visible images, 1929-1939

Richard Klein

Between 1929 and 1939, the images of the Villa Cavrois (1929-1932), designed by the architect Robert Mallet-Stevens, were widely broadcast. These representations took many forms, ranging from exhibitions to the specialised and professional press as well as publications aimed at a wider public. An analysis of the ways in which these images were broadcast, during a period of low local reception and enthusiastic distant reception, makes it possible to review certain characteristics of the building as well as measure its place and function in history. The broadcasting of architectural images corresponds to doctrinal issues and professional strategies that, in the present case, mask the uses and the physical condition of the building.

 

 

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