1er avril 2003 :

l'association dévoile les intentions du Ministre de la Culture...

 

 


Nord Eclair - 1er avril 2003

Villa (déjà) à vendre !

Sans la vigilance de notre rédaction, cette petite annonce immobilière serait sans doute passée inaperçue: "A vendre belle villa d'architecte, années trente, bien située, idéal investisseurs (avantages fiscaux), travaux à prévoir. Pour les visites, s'adresser à la DRAC (03.20.06.87.58.)"

Cette petite annonce, parue très discrètement, le 21 mars, n'a échappé à l'attention ni de notre rédaction, ni de l'association de sauvegarde de la villa Cavrois. Car c'est bien d'elle qu'il s'agit, comme en témoigne aussi le grand panneau, très explicite, planté à proximité (notre photo). La villa, c'est celle imaginée par Robert Mallet Stevens, architecte et décorateur de l'époque art déco. Une extravagante demeure aux lignes géométriques, surdimensionnée, terminée en 1932...

Après bien des péripéties, administrativo-politico-financières, avant et après son classement en monument historique (en décembre 1990), la villa que l'on croyait enfin sauvée après son rachat par l'Etat (en juillet 2001) va-t-elle de nouveau traverser une période de turbulences ?

L'Etat, après les premiers travaux (clôture, mise hors d'eau...), aurait-il déjà jeté l'éponge et changé d'avis face au coût de la restauration ? Auprès du cabinet du ministère de la Culture, on confirme que le ministre a demandé au directeur régional des affaires culturelles (le DRAC) de trouver un repreneur. Ce dernier, M. Martineau, explique : "Dans un premier temps, le ministère s'est tourné vers les collectivités locales, afin qu'elles concrétisent, en actes et décisions budgétaires, leurs déclarations toujours élogieuses sur le monument..." Pour l'instant, le DRAC confie attendre des réponses. Notamment de Bernard Derosier, président du conseil général, de Pierre Mauroy, président de Lille métropole communauté urbaine (en prévision notamment de Lille 2004...) Le conseil régional a été lui-aussi sollicité par l'Etat.

Pourquoi un tel revirement? Faut-il l'attribuer au changement de majorité et à une révision à la baisse du budget de la culture ? S'agit-il d'un nouvel effet de la décentralisation affichée par le gouvernement Raffarin ? Si les collectivités locales n'arrivent pas à s'entendre sur un partenariat, la solution d'un investisseur privé, d'un mécène, est-elle envisageable ? L'annonce et le panneau donnent à penser que l'Etat n'écarte pas cette piste.

Affaire à suivre bien sûr.

Légende de la photo : Un panneau on ne peut plus explicite, bien visible depuis quelques jours. Avis aux amateurs. Alors, un investisseur privé mécène ou un partenariat entre collectivités locales?

 


Nord Eclair - 2 avril 2003

Villa Mallet-Stevens

C'était un poisson d'avril mais... pas tant que ça !

C'était une blague mais, attention, l'association relève des signes inquiétants sur l'avenir de la restauration.

Oui, c'était une blague du premier avril, organisée, avec notre complicité, par l'Association de sauvegarde de la villa Cavrois que préside depuis septembre 2001 Edouard Fleury. L'association vient de tenir son assemblée générale (nous y reviendrons). Non, la villa classée monument historique, imaginée par Robert Mallet-Stevens, n'est pas à vendre et appartient toujours à l'Etat.

 

Signal d'alarme

Toutefois, la fiction pourrait bien être rattrapée par la réalité. A sa façon, l'association voulait en effet tirer, une nouvelle fois, le signal d'alarme. Car, à l'écouter, la restauration rapide de la villa ne va plus forcément de soi et l'éventualité d'une revente de l'édifice n'est pas à écarter. Il y a d'abord des faits qui autorisent à se poser des questions sur l'avenir du budget de la culture : le changement de majorité, les restrictions budgétaires dans les ministères et même la décentralisation. S'y ajoute, dans le cas de la villa croisienne, ce que l'association a elle-même constaté. Le comité de pilotage de ce dossier, réuni une première fois à la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) en octobre 2001, ne l'a plus été depuis. Et le comité scientifique, plus technique, a tenu sa dernière réunion en février 2002. Cet automne, l'association s'en est étonnée auprès du ministère, constatant qu'elle n'était pas associée comme promis, aux travaux. En mars, elle a reçu une lettre du directeur de cabinet du ministre de la culture parlant d'une recherche de partenariat avec les collectivités locales ou d'un repreneur privé. Et si le début des travaux est évoqué, il a été décalé au second semestre 2003 et fait l'objet de "réserves". Enfin, dernières observations inquiétantes : le nom de la villa ne figure plus au programme des journées du patrimoine et de Lille 2004.

Bref, l'association de sauvegarde porte toujours bien son nom.

B. Krieger

 

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