Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois
Assemblée générale du 26 mars 2004
RAPPORT D'ACTIVITES
Année 2003
En conclusion du rapport d’activités pour l’année 2002, approuvé lors de l’assemblée générale du 28 mars 2003, nous insistions sur la nécessité que l’association soit un partenaire à part entière dans les réflexions quant au projet de restauration de la Villa, d’une part, et de sa réutilisation d’autre part.
L’année 2002 s’était achevée par la réception d’un courrier émanant du cabinet du Ministre de la Culture nous informant de sa volonté de " trouver un repreneur "…
L’année 2003 a, quant à elle, été rythmée par des moments importants : la vente de meubles provenant de la villa à des prix records ; l’organisation par l’association de l’exposition " La villa C. 1986 " ; l’ouverture de la villa au public lors des journée du patrimoine ; le lancement des appels d’offres pour la réalisation des travaux de restauration du clos et du couvert et l’annonce par l’Etat du " transfert souhaitable " de la villa à une collectivité locale…
La revue de presse 2002
a été diffusée à plus de 350 exemplaires.La revue de presse 2003, d’un volume trois fois supérieur à celle de 2002, regroupe les articles parus durant l'année écoulée et relate les principaux faits marquants décrits dans le présent rapport annuel d’activité...
Le 1er avril 2003 dans Nord Eclair
Renouant avec un mode d’expression plusieurs fois pratiqué par le passé, avec la complicité d’un journaliste de Nord Eclair, l’Association a utilisé la forme du canular humoristique pour dévoiler au plus large public les intentions exprimées par le Ministre de la Culture de " trouver un repreneur " pour la villa.
Le sens et le propos de cet article, et son photomontage provocateur, seront, quelques mois plus tard, finalement confirmés, au travers des conclusions du rapport Rémond (lire plus loin). Nous aurions peut-être dû mentionner " à céder " au lieu de " à vendre " !
La vente de meubles provenant de la villa
Le 17 juin 2003 était organisée à l’Hôtel d’Evreux, à Paris, par Camard et associés, une vente aux enchères publiques au cours de laquelle étaient proposés de nombreux meubles dessinés par Robert Mallet-Stevens pour la villa Cavrois.
La double provenance de ces meubles - la villa Croisienne, d’une part, et la collection du couple de galeristes Claudia et Kartsen Greve, d’autre part - a sans aucun doute été à l’origine de l’envolée spectaculaire des prix de ces meubles.
Dans le catalogue, la documentation précisait l’origine de ce mobilier, notamment par des photos anciennes montrant les meubles en situation dans la villa, clichés pour la plupart issus de l’ouvrage " une demeure 1934 ". Preuve s’il en fallait que la villa, œuvre par elle-même, a manifestement toute sa place dans le processus de valorisation.
L’Association s’est rapprochée de quelques mécènes privés, malheureusement sans résultats.
Il nous a semblé évident que, quelques mois avant le démarrage des travaux de restauration du clos et du couvert, il y avait, au travers de cette vente, une réelle opportunité, tant pour les pouvoirs publics que d’éventuels mécènes, d’acquérir les meubles dessinés pour la villa, afin de pouvoir, le moment venu, à l’issue des campagnes de travaux, les présenter à nouveau en situation dans une villa restaurée…
Les enchères ont atteint des prix records (330 000 € pour la coiffeuse du boudoir de Madame Cavrois, pour ne citer qu’un seul exemple), et aucune préemption n’a été prononcée.
En décembre 2003, d’autres meubles, non présentés lors de la première vente, étaient encore proposés à la vente, toujours par la maison Camard. L’un d’entre eux n’a pas trouvé preneur…
Les Journées Européennes du Patrimoine 2003
En 2003, le samedi 20 septembre, pour la première fois, la villa Cavrois ouvrait ses portes à l’occasion des Journées du Patrimoine.
L’organisation était assurée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles Nord Pas-de-Calais (DRAC) et le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine du Nord (SDAP), avec la participation de l’Office de Tourisme de Wasquehal et de la ville de Croix.
L’Association avait proposé à la DRAC, par l’intermédiaire de la ville de Croix (courrier du 4 juin 2003), de s’associer à cette manifestation en y apportant, notamment, des moyens bénévoles en termes d’animation (pour les visites guidées, par exemple), mais s’est vu opposer un refus, que nous regrettons…
L’Association a toutefois souhaité prévenir ses adhérents de cette possibilité de visite et ce avant la date d’ouverture des réservations. Très rapidement (en une semaine), la liste des réservations affichait déjà complet.
560 personnes (et non 800, comme indiqué à plusieurs reprises dans la presse), préalablement inscrites, ont ainsi pu découvrir la villa, les samedi 20 septembre (280 pers.) et samedi 4 octobre (journée réservée aux croisiens et wasquehaliens, 280 pers.), par groupes de 20, pour une visite commentée d’environ une heure.
Si on peut regretter qu’une plus grande amplitude horaire et l’ouverture le dimanche 21 septembre n’aient pas permis à un plus grand nombre d’amateurs du patrimoine du XXème siècle de profiter de cette visite exceptionnelle, il faut relever la bonne organisation de cette journée.
En marge de ces visites, le Centre des Archives du Monde du Travail, à Roubaix, proposait la projection du documentaire de Karine Labuz consacré à la villa C.
Dans la presse locale, la villa faisait figure de " vedette " de ces journées du patrimoine 2003. L’intérêt et l’engouement du public pour l’œuvre croisienne de Mallet-Stevens étaient également confirmés par les résultats d’un sondage consacré au patrimoine régional, réalisé par la Voix du Nord auprès du grand public, qui classe la villa Cavrois en tête des réponses le plus souvent citées à la question " de quel bâtiment ou site faudrait-il s’occuper en urgence ? ".
L’exposition " La villa C. 1986 "
C’est sans nul doute l’action phare de notre Association pour cette année 2003.
Quand, en juin 2001, Thierry Laigle avait présenté, pour l’inauguration de sa galerie " Intérieur ", une exposition consacrée à la villa E1027 d’Eileen Gray à Roquebrune Cap Martin, achevée en 1929, en partenariat avec l’Association pour la Sauvegarde du site Eileen Gray et Le Corbusier, les similitudes entre les deux situations dans lesquelles se trouvaient ces deux œuvres majeures du patrimoine moderne (revente, abandon, pillage…) nous avaient amené à envisager l’organisation d’une manifestation similaire.
Entre la genèse de l’idée et sa concrétisation, l’Association a travaillé pour proposer une exposition de qualité, avec le soutien de Madame Véra Cardot, de la bibliothèque Kandinsky – centre Georges Pompidou et de la Cité Numérique.
Madame Véra Cardot est décédée le 31 août 2003. Nous avons souhaité lui dédier cette exposition.
L’exposition se composait de photographies de Véra Cardot et Pierre Joly (certaines avaient servi à illustrer l’article de Pierre Joly dans l’Œil en octobre 1986, mais la grande majorité étaient inédites) montrant la villa dans son état de 1986, de panneaux documentaires présentant l’Association et les formes de son action depuis 1990 et de quelques meubles (d’époque et rééditions).
La présentation de ces photographies avait, pour notre Association, plusieurs significations.
D’une part il s’agissait de rendre un hommage au travail artistique de Véra Cardot et Pierre Joly, les photographies exposées ayant une dimension plastique dépassant de loin leur seul caractère documentaire ; rappelons ici que Pierre Joly fut l’un des rares à avoir confronté ses recherches à une expérience concrète de la villa et qu’il est à l’origine, pour avoir sensibilisé l’administration patrimoniale, des premières mesures de protection de l’œuvre croisienne de Mallet-Stevens.
D’autre part, il s’agissait aussi de montrer comment l’espace de la villa est indissociable de son mobilier.
Quelques mois après la vente publique des meubles de la villa, les photographies exposées étaient aussi un plaidoyer pour que la restauration matérielle prenne en compte toutes les dimensions de l’édifice, dans le cadre d’un projet culturel ambitieux.
Les photographies de Pierre Joly et Véra Cardot, prises en 1986, ont aussi permis de compléter la vision que pouvait avoir le grand public de la villa, s’ajoutant à celle proposée par la réédition d’" une demeure 1934 " ou encore à la visite du site lors des journées du patrimoine.
L’exposition a connu une fréquentation soutenue et a été relayée par de nombreux médias nationaux et locaux (on citera par exemple France Culture, France 3, …).
On pourra cependant regretter que la presse écrite locale, au-delà de la simple annonce de la manifestation, n’ait pas jugé utile de proposer un article rédactionnel de fond…
Enfin, nous remercions une fois encore toutes celles et ceux qui ont contribué à la concrétisation de cette exposition, avec une mention particulière pour Thierry Laigle qui nous a accueillis.
En marge de l’Exposition, l’Association proposait une conférence de Richard Klein, le 7 novembre, dans les locaux du C.A.U.E. du Nord à Lille.
Le Forum culturel du Pays de Ferrain à Croix
Les 15 et 16 novembre 2003 s’est tenu à Croix le 7ème forum culturel organisé par l’Association du Pays de Ferrain.
Le thème de cette édition 2003 (Maisons des villes, maisons des champs… un art de vivre en Pays de Ferrain) et sa localisation à Croix, nous ont conduit à participer activement à ce forum associatif, au travers de la tenue d’un stand d’information.
Nous y exposions les panneaux documentaires confectionnés pour " la villa C. 1986 " présentant l’Association et les formes de son action depuis sa création, ainsi qu’une maquette de la villa, aimablement prêtée par l’Ecole d’Architecture de Lille. Le site internet de l’Association était également consultable sur un ordinateur.
Les membres de l’Association ayant assuré une permanence durant toute la durée du Forum ont répondu aux très nombreuses questions du public, visiblement très intéressé par le devenir de la villa.
A noter que le catalogue remis à chaque visiteur de la manifestation comportait, d’une part, un texte présentant la villa de Mallet-Stevens (" La villa Cavrois, un art de vivre en 1932… ") et, d’autre part, un texte présentant à la fois l’actualité du dossier et les actions de l’Association.
Le rapport Rémond et la décentralisation
En Avril 2003, la presse régionale, reprenant notamment les informations diffusées par l’Association sur la volonté du ministre de " trouver un repreneur ", s’interrogeait sur le maintien de la villa dans le giron de l’Etat et le Figaro, dans un article intitulé " la grande " braderie " du patrimoine " de juin 2003 consacré à la décentralisation citait déjà la villa Cavrois comme faisant partie des édifices que l’Etat pourrait proposer aux collectivités locales.
En Août 2003, la revue professionnelle " Le Moniteur " publiait une liste " provisoire " de 102 monuments historiques propriétés de l’Etat dont le transfert aux collectivités locales pourrait être proposé dans le cadre de la décentralisation. Dans cette liste figurait la villa Cavrois.
Le 28 juillet 2003, le ministre de la Culture confiait à Monsieur René Rémond la présidence d’une commission chargée de définir des critères qui permettraient d’établir qu’un monument historique appartenant à l’Etat, et affecté au Ministère de la Culture, a vocation à demeurer la propriété de celui-ci. La commission recevait pour mission d’établir un rapport déterminant les critères historiques, patrimoniaux et symboliques qui pourraient fonder le maintien de la propriété de l’Etat ou permettre d’envisager leur transfert aux collectivités territoriales.
Le 17 novembre 2003, le rapport Rémond était remis au Ministre.
L’Association a procédé à une lecture attentive du rapport. Elle y relève des contradictions entre les critères énoncés dans le corps du rapport pour un maintien dans le patrimoine de l’Etat, et ses conclusions, qui classe la villa de Mallet-Stevens parmi les monuments pouvant faite l’objet d’un " transfert souhaitable ".
Aussi, alors qu’il nous semblait que beaucoup de ces critères militaient en faveur d’un maintien de la villa Cavrois dans le patrimoine de l’Etat (édifice de grande notoriété, récemment acquis, nécessitant d’importants investissements…), nous avons été particulièrement surpris de constater, qu’au contraire, la villa était classée dans la rubrique " transfert souhaitable ".
Devant cette apparente contradiction, nous avons adressé au Ministre (le 24 novembre 2003) ainsi qu’à Messieurs René Rémond et Jacques Legendre (Sénateur du Nord, seule personnalité régionale membre de la commission) des courriers les invitant à nous éclairer sur la teneur des débats tenus au sein de la commission au sujet de la Villa Cavrois, pour connaître les raisons objectives qui ont conduit à leur conclusion et pour interroger le Ministre sur la forme de l’intervention de l’Etat en cas de transfert effectif de l’édifice à une collectivité, tant en ce qui concerne la garantie de poursuite des travaux (gros œuvre et intérieur) que la participation (aussi bien financière que technique) à l’élaboration du nécessaire projet culturel de réutilisation.
Il faut aussi noter que, alors que le Ministre avait annoncé qu’il examinerait lui-même " les observations qui seront formulées avant d’arrêter la liste des édifices susceptibles d’être transférés ", il nous a simplement informé avoir transmis notre courrier à Michel Clément, D.A.P.A., sans répondre sur le fond à nos interrogations. M. Legendre nous a répondu courant décembre 2003 en nous proposant de le rencontrer ce que nous envisageons de faire début 2004.
Cela dit, l’Association considère d’un œil égal la conservation dans le patrimoine de l’Etat ou le transfert à une collectivité locale, du moment qu’un projet ambitieux de réutilisation de l’édifice soit bâti et financé.
Or force est de constater qu’aucune collectivité n’a, à notre connaissance, concrétisé de volonté particulière de se rendre propriétaire de la villa, fût-ce moyennant l’euro symbolique, afin d’y mener à bien un projet culturel d’envergure.
Notre inquiétude demeure donc qu’après une campagne de restauration du clos et couvert de l’édifice, ce dernier ne retombe dans une déshérence qui lui serait alors vraisemblablement fatale.
L’étude préalable et le projet architectural et technique
L’Association a continué, en 2003, à interpeller régulièrement l’administration patrimoniale, aux échelons régional et national, dans un souci de large transmission de l’information, rendue nécessaire à nos yeux par l’absence de transparence mise en évidence au cours de l’année 2002.
A plusieurs reprises nous avons demandé que nous soient communiqués l’étude préalable et le projet architectural et technique (déjà en 2002 et à nouveau le 30 mai 2003).
Par courrier du 17 mars 2003, Mr Jacques Philippon, Conservateur Régional des Monuments Historiques (DRAC NPdC) nous informait que l’étude préalable confiée à Monsieur l’Architecte en chef des Monument historiques Michel Goutal avait été approuvée dans ses grandes lignes par le ministère de la culture et de la communication et précisait " après commande du projet architectural et technique, et si les conditions économiques internationales évidemment ne remettent pas en cause les budgets de la nation, les travaux pourraient être commencés à l’été 2003 ".
Le 30 juin 2003, le ministère nous informait que notre demande (réitérée le 30 mai) avait été transmise à Monsieur Michel Clément, Directeur de l’Architecture et du Patrimoine (Ministère de la Culture).
Dans une lettre du 5 octobre 2003, Monsieur Philippon nous informait que l’étude préalable avait été validée par l’inspection générale des monuments historiques et par la direction régionale des affaires culturelles et que le projet architectural et technique avait été remis en septembre 2003.
Ces éléments ne nous ont toujours pas été transmis à ce jour, malgré une nouvelle relance envoyée le 6 novembre 2003…
Devant ces refus de nous communiquer l’étude préalable et le projet architectural et technique, l’Association proposait à la DRAC et à la ville de Croix, par lettre du 31 octobre 2003, qu’une présentation publique de ces éléments soit organisée, à Croix.
Le 10 novembre 2003, Monsieur Philippon nous répondait qu’il est prévu de présenter aux habitants de Croix le programme de restauration de la villa, mais que cette présentation est conditionnée aux disponibilités de Monsieur l’architecte en chef Goutal.
Il précisait également, concernant l’étude préalable et le projet architectural et technique, que " s’agissant d’une commande de l’Administration à un architecte en chef des monuments historiques pour un édifice appartenant au ministère de la Culture, il n’y a pas de communication au public " !…
Face à la volonté, qu’elle espère provisoire, de non-communication par le maître d’ouvrage de ces documents, l’Association déplore aussi que le Comité Scientifique créé pour accompagner la restauration de la villa, et regroupant de nombreux membres de l’Administration et des experts en matière de restauration d’édifices modernes, ne se soit pas réuni en 2003…
L’appel d’offres pour les travaux de restauration du clos et du couvert
Le 30 septembre 2003 était lancée la procédure d’appel d’offres pour la réalisation des travaux de restauration du clos et couvert et de consolidation du gros œuvre. Un avis d’appel public à la concurrence était publié dans le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics (BOAMP) et le Journal Officiel de la Communauté Européenne (JOCE), ainsi qu’un avis d’information dans " Le Moniteur ".
35 entreprises ont remis une offre de prix (avant le 21 novembre 2003), sur la base du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) établi par Monsieur Michel GOUTAL, architecte en Chef des Monuments Historique et maître d’œuvre de l’opération.
Les travaux, qui visent à rétablir le clos et le couvert, à rétablir les volumes intérieurs d’origine et à consolider ou refaire le gros-œuvre, se répartissent en 5 lots :
Lot 1 : Installations de chantier, échafaudages parapluie, maçonnerie, pierre de taille ; Lot 2 : Béton armé en restauration et en neuf ; Lot 3 : Dépose d’ouvrages en béton armé ; Lot 4 : Menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants ; Lot 5 : Etanchéité.
Les entreprises devaient présenter, à l’appui de leur offre, des références et qualifications spécifiques à l’intervention sur Monuments Historiques. Les entreprises adjudicataires sont :
Le groupe Rabot-Dutilleul (via sa filiale Société de Restauration des Monuments Historiques - SRMH) (lots 1, 2 et 3) / Les Métalliers Lorrains (lot 4) / SOREC (lot 5) ; auxquelles il convient d’ajouter le bureau de contrôle Véritas et Cobat, pour la coordination sécurité et protection de la santé du chantier. A ces entreprises titulaires des 5 lots viennent s’ajouter leurs sous-traitants.
Rappelons que des contraintes budgétaires ont conduit à diviser les travaux en trois tranches : la 1ère tranche concerne la partie centrale, la seconde l’aile ouest et la troisième l’aile est. Ils sont prévus pour s’échelonner sur trois ans (jusqu’en 2006), la première tranche devant être livrée pour fin 2004.
Une quatrième tranche comporte les options (principalement la terrasse sud) qui seront, ou non, engagées en fonction des résultats de l’Appel d’Offres.
L’évaluation du coût des travaux varie selon les sources : de 5,7 millions d’euros (d’après la plaquette de la DRAC – septembre 2003) à 6,1 millions d’euros (d’après les indications reprises dans la presse locale en décembre 2003).
Pour le moment, les travaux ne concernent pas la réfection des ouvrages de second-œuvre (enduit plâtre, fluides, chauffage, électricité, menuiseries intérieures, revêtements de sol, sanitaires, peinture… etc), les réaménagements en fonction du programme de réutilisation (évidemment et malheureusement non encore défini à ce jour) et la remise en état de la partie de jardin rachetée par l’Etat.
Le 17 décembre 2003 se tenait la première réunion de chantier, largement médiatisée dans la presse régionale.
Rue Mallet-Stevens
Paris, évidemment, mais aussi … Calais ou Nîmes … ont leur rue Mallet-Stevens mais pas Croix : un comble ! Devant l’opportunité de la création d’une voie nouvelle au Croquet pour desservir de nouvelles maisons, ou même en réparation au terme peu gratifiant de " prolongée " pour l’avenue François Roussel, l’association a saisi la Mairie de Croix d’une proposition de baptême d’une rue ou avenue Mallet-Stevens dans le quartier. Cette proposition n’a pas encore pu trouver de concrétisation à ce jour.
Divers
L’Association a été sollicitée par l’agence Dédale, chargée par le Ministère de la Culture, de mener à bien une étude sur les lieux de diffusion de l’architecture contemporaine en France. Nous avons complété et renvoyé le questionnaire proposé. Cette étude devrait faire l’objet d’une publication.
Des nouvelles d’autres réalisations de Mallet-Stevens
- A Hyères, la restauration de la villa Noailles s’achève.
- A Paris, l’Hôtel Barillet (square Vergennes), contemporain de la Villa Cavrois, est désormais ouvert au public après sa restauration achevée en 2003.
La rue Mallet-Stevens (et notamment l’atelier des frères Martel au n°10, qui a lui aussi retrouvé son authenticité) illustre un article du n°200 de la revue Vieilles Maisons Françaises de décembre 2003, consacré à l’Odyssée du patrimoine.
- A Mézy, le Château Poiret devrait être restauré dans sa configuration originelle par l’architecte Wilmotte.
La vie de l'association
Le nombre des adhérents est stable (113). L’Association essaie de tenir informé régulièrement ses adhérents de l’évolution du dossier et les convie à participer aux manifestations publiques concernant la villa.
L'association continue par ailleurs de répondre aux nombreuses sollicitations et demandes de renseignements sur la villa et l'œuvre de Robert Mallet-Stevens, notamment formulées par les journalistes ou des étudiants français et étrangers.
Le site internet de l'association
Il continue d'être régulièrement complété et enrichi. Quelques articles de presse et extraits d'ouvrages sont venus augmenter une base déjà riche en information sur la villa. La fréquentation moyenne est de 250 visiteurs par mois, accédant au site par la page d’index français/anglais.
http://www.nordnet.fr/mallet-stevens
Les médias audiovisuels
L’exposition organisée par l’Association " La villa C. 1986 " a été relayée lors d’un court reportage diffusé dans le cadre du 19/20 sur France 3.
Notre Vice-Président, Richard Klein, a participé, à titre d’expert, à un documentaire réalisé par Séraphin Ducellier et produit par Caméra Lucida production, qui avait sollicité l’Association, l’an dernier, afin de les orienter dans leurs recherches de personnes ressources. Ce documentaire sera diffusé sur C9 et France 5 en février/mars 2004.
Les rapports avec les autres associations
L’Association de Sauvegarde de Villa Cavrois continue d’entretenir des liens avec d’autres associations : E1027 Eileen Gray, Sauvegarde de la Rue Mallet-Stevens (Paris), Docomomo (qui est à l’origine de la parution d’un article consacré à la villa dans leur revue diffusée dans 45 pays), Renaissance du Lille Ancien, Association culturelle du Pays de Ferrain, Association Villa Blanche (Suisse), villa Neutra...
Conclusion et perspectives pour 2004
L’année 2003 a donc été une année riche en événements concernant la Villa. Le lancement de travaux de restauration du clos-couvert est bien sûr un jalon important dans l’histoire de la Villa. Néanmoins, il ne s’agit là que de travaux de gros-œuvre.
L’association est donc fermement décidée à continuer son action pour qu’émerge enfin un véritable projet global de restauration intégrant l’intérieur de la villa (son mobilier, l’éclairage, les équipements, la polychromie…), en cohérence avec un projet de réutilisation culturelle…
Actuellement, seul l’Etat, propriétaire, est juridiquement en mesure de financer ce projet complémentaire de restauration de l’édifice. En revanche, en cas de transfert à une Collectivité Locale, l’Etat pourra abonder les fonds investis par la dite Collectivité. Mais, réciproquement, il est vraisemblable qu’aucune Collectivité ne se manifestera sans un engagement ferme de l’Etat de continuer à participer financièrement à la renaissance de la Villa. Or l’Etat se refuse aujourd’hui à échafauder un projet de réutilisation pour le compte d’un tiers, se plaçant déjà dans l’optique où elle se séparera de l’édifice… Comment sortir de ce cercle ? Voilà tout l’enjeu qui s’annonce en 2004 : sensibiliser les collectivités territoriales à l’opportunité que représente la possibilité d’un transfert de propriété, dans le cadre de la décentralisation, pour y développer un projet de réutilisation culturelle… projet encore à élaborer et auquel l’Association souhaite être étroitement associée…
Parallèlement, l’association continuera à apporter sa contribution à un enrichissement du projet de restauration en faisant bénéficier le maître d’ouvrage de son expérience et de ses réseaux, comme elle l’a fait récemment en proposant à la D.R.A.C. de se rapprocher du Dudok Centrum à Hilversum dans le cadre de ses recherches d’une brique de parement pour le chantier de restauration.
L’association souhaite également développer des actions d’information et d’animation durant le déroulement des travaux, au travers d’un partenariat à mettre en place avec la DRAC, l’ACMH et les entreprises, dans une optique de préfiguration du rôle d’animation culturelle qu’elle pourrait tenir dans l’édifice restauré.
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