Association de Sauvegarde de la Villa Cavrois

Assemblée générale du 8 avril 2005

RAPPORT D'ACTIVITES

Année 2004

 

 

En conclusion du rapport d’activités pour l’année 2003, approuvé lors de l’assemblée générale du 26 mars 2004, nous insistions sur l’importance de maintenir l’action de l’association pour qu’émerge enfin un véritable projet global de restauration intégrant l’intérieur de la villa (son mobilier, l’éclairage, les équipements, la polychromie…), en cohérence avec un projet de réutilisation culturelle… Cette action devait passer par la sensibilisation des collectivités territoriales à l’opportunité représentée par la possibilité d’un transfert de propriété, dans le cadre de la décentralisation, pour y développer un projet de réutilisation culturelle… Sur ce point, et malgré les efforts déployés par l’association, on ne peut que constater qu’aucune évolution significative n’a eu lieu au cours de l’année 2004.

 

Néanmoins, l’association a continué à développer des actions d’information et d’animation durant le déroulement des travaux (et en particulier à l’occasion des journées du patrimoine), au travers d’un partenariat avec la DRAC, l’ACMH et les entreprises, dans une optique de préfiguration du rôle d’animation culturelle qu’elle pourrait tenir dans l’édifice restauré.

 

 

La revue de presse 2003 a été diffusée à près de 300 exemplaires.

La revue de presse 2004 regroupe les articles parus durant l'année écoulée...

L’Association a également largement diffusé, au cours de l’année 2004, deux documents intitulés : « 7 panneaux documentaires présentés dans le cadre de l’exposition La villa C. 1986 » et « Quelques extraits d’ouvrages à propos de la villa C. ». Ceux-ci sont également accessibles sur le site Internet de l’association.

 

 

Les médias audiovisuels…

Le dossier de la villa C. a été évoqué sur les ondes de France Inter, lors de l’émission « L’humeur vagabonde » de Kathleen Evin, le 25 février 2004, consacrée à la renaissance de la villa Noailles de Hyères. Suite à cette diffusion, l’Association a adressé un courrier à la journaliste, à la fois pour l’en remercier et lui donner de plus amples renseignements sur la situation actuelle de la villa.

Le film documentaire de Séraphin Ducellier « Mallet-Stevens, architecte du renouveau » a été présenté en avant-première le 29 janvier 2004. Les adhérents de l’association étaient conviés à cette manifestation. Lors d’une brève allocution à l’issue de la projection, Monsieur le Maire de Croix, Michel Carnois, a tenu à remercier, entre autres, l’Association et ses présidents successifs pour leur engagement et la persévérance de leur action.

Le film a ensuite été diffusé sur Canal 9 en février (à 11 reprises entre le 2 et le 8 février), puis sur France 5 le dimanche 28 mars et le 26 mars sur France 5 satellite.

 

 

…et autres supports audiovisuels

Une œuvre de Bruno Dumont, ayant pour objet le chantier de la villa C., a été présentée dans le cadre de l’exposition « La ville qui fait signes », au Fresnoy à Tourcoing, entre le 1er octobre et le 9 décembre 2004. Le catalogue de l’exposition reproduit des vues aériennes d’époque de la villa ainsi que le texte de Pierre Joly paru en 1986 dans la revue l’Œil.

Une rétrospective de l’œuvre de Chantal Ackerman au centre Pompidou à Paris a permis la diffusion publique d’une rareté : le court métrage Rue Mallet-Stevens, 1986, 7 mn…

 

 

La vie de l'association

Le nombre des adhérents est en diminution (86 contre 113 l’année précédente). 44 adhérents de 2003 n’ont pas renouvelé leur cotisation en 2004. Au-delà des quelques « négligents », cela peut s'expliquer en partie par le fait que le rachat de la villa et le démarrage des travaux du clos et du couvert ont, pour certains adhérents, constitué un aboutissement de leur soutien et la concrétisation de leur combat... même si les enjeux de la restauration intérieure et de la réutilisation demeurent. Il ne faut pas oublier non plus que l’association existe depuis 14 ans et qu’une certaine « usure » peut se ressentir.

Cependant, tant financièrement que « moralement », l’Association a encore besoin du renfort de tous…

 

L'association continue de répondre aux sollicitations de plus en plus nombreuses et aux demandes de renseignements sur la villa et l'œuvre de Robert Mallet-Stevens, notamment formulées par des journalistes ainsi que par des étudiants, français et étrangers, mais également de nombreux passionnés et enseignants…

Elle est aussi très régulièrement questionnée pour des demandes de visites de la villa et du chantier. Elle ne peut, dans ce cas, que renvoyer vers le propriétaire de la villa : l’Etat, et plus précisément la Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Ces nombreuses demandes montrent, s’il en était besoin, l’intérêt évident et croissant d’un large public pour l’œuvre de Mallet-Stevens. Si le rythme de ces demandes se maintient, l’association est prête à étudier, en partenariat avec la DRAC, les modalités de participer bénévolement à l’accueil et à la visite du site. Il faut noter que le nombre de ces demandes risque même de s’accroître en 2005, en provenance notamment du corps enseignant, car les villas de Robert Mallet-Stevens et d’Hector Guimard ont été inscrites au programme du baccalauréat « Arts plastiques ». Dans ce cadre, le CNDP a édité une brochure fort bien faite, rédigée par notre Vice-Président (et ancien Président) Richard Klein, en collaboration avec Gilles Maury, et où la Villa C. tient une place importante.

 

 

Le site internet de l'association (http://www.nordnet.fr/mallet-stevens)

Il a été, durant l’année 2004, régulièrement complété et enrichi : on y trouve notamment de nouvelles pages consacrées à l'actualité du dossier, une page largement illustrée consacrée au déroulement du chantier, une page présentant une maquette réalisée par l'Ecole d'Architecture de Lille, une autre consacrée aux Journée européennes du patrimoine et quelques extraits d’ouvrages supplémentaires (revue Monuments Historiques n°156 en 1988)…

L’adresse de notre site est également citée sur de nombreux autres sites (Ministère de la Culture, Nord Histoire, Education Nationale, Archiréseau, etc…). Nous vous invitons à le consulter régulièrement.

 

 

Nos rapports avec les autres associations

L’Association de Sauvegarde de la Rue Mallet-Stevens, souhaitant mettre en place un site internet, s’est rapprochée de nous pour obtenir diverses informations sur le sujet.

L’Association culturelle du Pays de Ferrain nous a, cette année encore, offert de figurer dans son guide du Forum 2004 (étendu à tout le territoire de la Châtellenie de Lille), ce dont nous la remercions vivement.

L’Association de sauvegarde du site Eileen Gray et Le Corbusier à Roquebrune Cap Martin nous a tenu informés des difficultés importantes qu’elle rencontre dans le cadre du projet de restauration de la villa E 1027…

L’Association pour la Renaissance du Lille Ancien nous a sollicité pour que nous lui apportions son appui dans le combat qu’elle mène contre l’agrandissement du stade Grimonprez-Jooris sur le site de la Citadelle à Lille.

L’Association belge Interbellum nous a contacté dans le cadre d’un déplacement qu’elle organisait à Croix en marge d’une visite de l’exposition « Vouloir » au musée Matisse du Cateau et à la brasserie Del Marle à Pont sur Sambre.

Nous continuons d’entretenir des rapports avec l’association internationale Docomomo.

Au-delà des rapports et démarches ponctuelles, l’Association entretient des relations avec un réseau de professionnels ou bénévoles spécialistes du patrimoine en particulier du XXème Siècle. Ce réseau pourra être mis plus activement à contribution dès qu’un projet de réutilisation émergera.

 

 

Nos rapports avec les institutions

Profitant du renouvellement de l’assemblée régionale, l’Association a sollicité, courant mars 2004, les principaux candidats « têtes de listes » aux élections régionales pour les interroger sur leurs intentions et leurs positions quant au devenir de la villa, notamment dans le cadre du processus de décentralisation et de la possibilité qui leur serait offerte d’un transfert de propriété… Aucune réponse ne nous est parvenue à ce jour des élus… A noter qu’à l’issue de ce renouvellement de l’assemblée régionale, le sénateur Ivan Renar n’y est plus élu et a été remplacé à la fonction de Vice-Président en charge de la culture par Catherine Génisson.

 

La nomination en 2004 d’un nouveau ministre de la Culture et de la Communication, Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres, nous a donné l’occasion de le solliciter sur ses intentions au regard du dossier « villa C. ». Notre courrier est également demeuré sans réponse à ce jour…

L’année 2004 a néanmoins été l’occasion de divers échanges avec les services du Ministère de la Culture. L’un d’entre eux a abouti au référencement de l’association dans le cadre du dispositif « archiréseau » qui, notamment au travers d’un site internet (http://www.archireseau.culture.gouv.fr), recense les lieux de diffusion de l’architecture en France.

 

L’année 2004 a été l’occasion de poursuivre le travail constructif que nous avons souhaité mettre en place avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles Nord Pas de Calais.

Ainsi, au mois de mars 2004, nous avons proposé au Directeur Régional et au Conservateur des Monuments Historiques de participer à une action d’information du grand public sur le déroulement du chantier, au travers de notre site internet.

La DRAC a donné son accord de principe et nous a demandé d’en discuter les modalités avec le cabinet de Michel Goutal, Architecte en chef des Monuments Historiques. Après quelques allers-retours et une visite technique avec M. De Bazelaire, collaborateur de Michel Goutal, le 14 juin, l’association a pris l’initiative de mettre en place une page sur son site, après en avoir dûment informé la DRAC.

Par ailleurs, nous avons participé à l’animation des journées du patrimoine, organisée par la DRAC (voir plus loin).

Nous sommes enfin toujours dans l’attente de la concrétisation de notre proposition faite à la Ville de Croix de dénommer une rue Mallet-Stevens à Croix.

 

 

Le chantier de réhabilitation

Le chantier de restauration a démarré au début de l’année 2004. Rappelons qu’il comporte trois tranches étalées sur trois ans et que les travaux ne concernent, pour le moment, que le gros œuvre, le clos et le couvert.

Sur les conseils de l’association, l’architecte en chef des Monuments Historiques s’est rapproché du Dudok Centrum d’Hilversum, dans le cadre de ses recherches de restauration à l’identique des maçonneries de briques endommagées de la Villa. Cette visite n’a pas eu de débouché opérationnel pour le chantier, les techniques et la philosophie générale de restauration différant sensiblement entre les Pays-Bas (où le résultat s’apparente davantage à des travaux neufs) et la France. Cet épisode a néanmoins permis à l’Association de faire bénéficier les intervenants du chantier de références intéressantes.

La DRAC a décidé de faire bénéficier l’association des comptes rendus de chantier, qui lui sont transmis régulièrement et lui permettent ainsi d’être informée en temps réel de l’avancement des travaux.

 

L’association a entretenu de fréquents contacts avec deux étudiants de l’école d’architecture de Lille et des Régions Nord, stagiaires à la DRAC, et qui ont encadré bénévolement une visite du chantier spécialement réservée à nos adhérents le 3 décembre 2004, et à laquelle plus d’une vingtaine de participants avait répondu présent. Cette visite a permis d’enrichir la base documentaire en vue de la mise en ligne d’information sur le chantier sur le site de l’association.

Les journées européennes du patrimoine 2004 ont été l’occasion d’une participation active de l’association à la demande de la DRAC : l’Association y présentait 8 panneaux reprenant les principaux extraits d’ouvrages et les articles majeurs parus sur la Villa depuis une vingtaine d’année, ainsi que deux autres présentant la réédition de l’ouvrage « Une Demeure 1934 ». L’Association proposait également un exposé sur l’histoire de la villa, de sa conception à nos jours, présenté plusieurs fois au cours de la journée, en alternance avec un exposé plus centré sur le chantier et les techniques de restauration utilisées, présenté par M. De Bazelaire, de l’agence Goutal. Des exemplaires de la réédition d’une Demeure 1934 étaient proposés aux personnes intéressées.

Cette manifestation organisée dans le parc de la Villa (l’intérieur n’était pas accessible pour des raisons de sécurité) a été vivement appréciée.

Le Préfet et la DRAC ont d’ailleurs tenu à remercier l’ensemble des bénévoles et associations partenaires qui ont contribué au succès de l’édition 2004 des journées du patrimoine à l’occasion d’une réception qui s’est tenue dans le cadre prestigieux de la Préfecture le 1er décembre 2004.

Pour de plus amples renseignements sur le chantier et son avancement, nous vous invitons à consulter le site de l’association.

 

 

La poursuite du processus de décentralisation

L’association a rencontré courant 2004 Monsieur le sénateur Jacques Legendre, seul représentant de la Région Nord Pas de Calais au sein de la Commission Rémond, et tout nouveau Président de la Commission de la Culture, de la Science et de l’Education du Conseil de l’Europe. A l’occasion de cet entretien cordial, Monsieur Legendre nous a indiqué que la commission n’avait matériellement pas eu le temps de visiter l’ensemble des sites concernés et que l’appréciation s’était faite sur la base de dossiers constitués par les DRAC. Il a annoncé qu’en cas d’absence de manifestation de collectivités prêtes à reprendre les monuments, ceux-ci resteraient propriété de l’Etat.

Ceci a été confirmé le 17 novembre 2004 à l’occasion d’un communiqué, abondamment relayé dans les médias, du Ministre de la Culture. Ce dernier a en effet rendu public, suite à l’article 97 de la Loi de décentralisation n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, un projet de liste de monuments très proche de celle de la commission Rémond, et rappelé qu’un décret fixerait définitivement cette liste des monuments historiques de l’Etat « transférables » aux collectivités territoriales ou à leurs groupements. Les demandes de ces derniers devront être adressées au Préfet de Région dans les douze mois à compter de la publication du décret. A l’appui de leur demande, les collectivités territoriales ou leurs groupements communiqueront un projet précisant les conditions dans lesquelles elles assureront la conservation et la mise en valeur de l’immeuble. Le transfert sera effectué à titre gratuit.

La convention conclue entre l’Etat et la collectivité ou le groupement bénéficiaire qui procèdera au transfert de propriété de l’immeuble et des objets mobiliers associés, servira aussi à fixer l’utilisation prévue du monument transféré ainsi que les conditions d’ouverture éventuelle au public et de présentation des objets qu’il renferme. Elle établira, pour une durée qui ne peut excéder cinq ans, un programme de travaux susceptibles d’être subventionnés par l’Etat.

Il faut cependant noter que ce décret qui devait être publié avant le 31 décembre 2004 n’avait toujours pas paru début mars 2005…

 

Monsieur Pierre Mauroy, Président de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), s’est ensuite exprimé à deux reprises au mois de novembre 2004 (lors du Conseil de Communauté le 19, et le lendemain à l’occasion de la pose de la première pierre de la maison de l’architecture) sur le devenir de la Villa C. dans le cadre de la décentralisation. Il a affirmé « être prêt à relever le défi » si il était suivi.

L’association lui a écrit le 15 décembre 2004 et attendait sa réponse pour le début d’année 2005.

La perspective d’une reprise par cet Etablissement Public représente une opportunité évidente pour le devenir de la Villa : intégration à un réseau d’outils prestigieux de rayonnement métropolitain, et moyens financiers supplémentaires, sous réserve que l’Etat prolonge sa participation.

 

 

Quel projet de réutilisation ?

L’association a rappelé dans son courrier à Monsieur le Président de LMCU sa participation à l’élaboration du projet de réutilisation de la Villa, établi par la DRAC en août 2000, en partenariat avec le Centre des Archives du Monde du Travail de Roubaix et l’Ecole d’Architecture de Lille et des Régions Nord.

L’Association n’a pas vocation, de par ses statuts, à proposer ou développer un projet de réutilisation. Cependant, nous pourrions, au travers d’un appel à projets (via notre site Internet ?), complété par un recensement de l’ensemble des pistes ayant déjà été émises par le passé, montrer que la question du projet de réutilisation n’est pas une condition sine qua non à la reprise de l’édifice, le succès du montage d’un tel projet à la fois ambitieux et viable étant quasiment garanti dans un site aussi prestigieux.

 

 

Conclusion et perspectives pour 2005

L’année 2005 verra la parution aux éditions Picard de l’ouvrage que notre Vice-Président et ami Richard Klein a consacré à la Villa C.

Elle verra ensuite la présentation d’une ambitieuse rétrospective de l’œuvre de Robert Mallet-Stevens au Centre Pompidou à Paris de avril à août.

Il serait donc dommage que cette année qui sans nul doute marquera une sorte de consécration médiatique pour la Villa C. ne s’accompagne pas de décisions importantes quant à sa réutilisation future. Cela dépendra de toute façon de son futur propriétaire.

L’association continuera à être force de proposition et demandera à être partenaire du projet de réutilisation.

Elle devra aussi vraisemblablement en tirer les conséquences pratiques quant à son fonctionnement :

-       Soit un repreneur se déclare (LMCU confirme son intention ou une autre collectivité fait part de son intérêt) et développe un projet de réutilisation, que l’Etat pourra subventionner. L'association propose alors logiquement de participer à son élaboration et se transforme en « association des amis de la villa C. » à la fois pour acter l'évolution évidente de situation et aussi pour marquer une volonté de changement de cap, dans une vision constructive et positive, mais cela ne semble possible et souhaitable que dès lors qu'un partenaire est identifié.

-       Soit aucun repreneur ne se manifeste à l'issue du délai d'un an... L’Etat reste propriétaire de l’édifice. La restauration du clos-couvert est menée à son terme. L’enjeu résidera alors dans les moyens que l’Etat (puisque dans cette hypothèse il demeurera l’unique financeur, sans abondement possible par les collectivités) sera en mesure de pouvoir consacrer à la restauration intérieure (incluant le mobilier, l’éclairage, les équipement, la polychromie…) et quel projet ces moyens lui permettront de développer pour donner sens et contenu à un bel « emballage » restauré.

 

Dans tous les cas, il semble plus prudent d'attendre que le délai d’un an qui partira de la date de publication du futur décret soit écoulé avant d’étudier l’éventualité d’un « changement de nom » de l’Association, et au-delà, d’une action différente et renouvelée.

 

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