ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DE LA VILLA CAVROIS
RAPPORT D'ACTIVITE 1991
Assemblée générale du 3 avril 1992
C'est le vendredi 23 novembre 1990 que la plupart d' entre nous, se sont rencontrés pour la première fois.
A l'initiative de Vincent BOOM, notre association est née, de fait, ce jour là. Même Si nous n'avons eu d'existence légale qu'à partir du 16 janvier 1991, date du dépôt de nos statuts à la Préfecture du Nord.
Entre ces deux dates, un évènement important, le classement d'office, comme monument historique, de la villa CAVROIS. Evènement porté à notre connaissance par le Journal Officiel du 18 décembre 1990, qui publiait le décret du 12 décembre 1990, précisant que la villa est "classée en totalité parmi les monuments historiques, pour être remise en état". Le classement comportant une large partie de la propriété d'origine.
Ainsi que nous l'annoncions lors de notre réunion du 25 janvier 1991, quatre objectifs ont été fixés :
- constituer un Comité de Soutien,
- interpeller les collectivités sur leurs intentions quant à la réhabilitation,
- veiller à préserver un accès du public à la villa,
- construire et proposer un projet d'utilisation des bâtiments sauvegardés et rénovés.
LE COMITE DE SOUTIEN
Après avoir dressé des listes nombreuses de ce qui nous semblait un Comité de Soutien représentatif, nous avons contacté quinze personnalités régionales, nationales et étrangères qui, pour des raisons diverses, nous paraissaient s'intéresser à la défense du patrimoine architectural et qui pouvaient avoir des liens, à un titre ou à un autre, avec l'œuvre de Mallet-Stevens.
Sur ces quinze personnalités, dix ont accepté de soutenir notre action :
- M. François CHASLIN, journaliste, rédacteur en chef de la revue "Architecture d'Aujourd'hui"
- M. Maurice CULOT, de l'Institut Français d'Architecture
- M. Alain DECAUX, académicien
- M. Jacques DUQUESNE, écrivain
- Mme. Thérèse GERARD, présidente de l'Association Renaissance du Lille Ancien.
- M. Michel LENGLART, président de l'ordre des architectes du Nord-Pas-de-Calais.
- M. Gérard MONNIER, professeur à l'Institut d'Art et d'archéologie de l'Université de Paris 1
- M. Claude PIEPLU, comédien, président de l'Association de Sauvegarde de la Rue Mallet Stevens.
- Mme. Joëlle PIJAUDIER, conservateur du Musée d'Art Moderne de Villeneuve d'Ascq.
- Mme. Andrée PUTMANN, styliste, ré-éditrice de meubles de Robert Mallet-Stevens.
Trois n'ont pas répondu.
Une a souhaité nous rencontrer.
Enfin, une personnalité locale nous a fait part de son souhait ne pas figurer dans notre Comité de Soutien, mais s'est mise à notre disposition pour nous aider par ses interventions.
Nous avons pu faire savoir, fin septembre, à la presse, aux autorités et administrations intéressées, que nos démarches étaient appuyées par d'éminentes personnalités.
LES INTERVENTIONS AUPRES DES COLLECTIVITES
Dès le 25 janvier 1991, nous avons pu transmettre au Président de la Communauté Urbaine de Lille et au Président du Conseil Général du Nord, une lettre et une pétition attirant leur attention sur l'état de la villa et leur demandant que les collectivités territoriales s'en portent acquéreurs. Dans notre esprit, cette acquisition devait permettre de faire face à l'impéritie des actuels propriétaires.
Le 5 février 1991, nous intervenions à nouveau auprès du Président du Conseil Général pour lui faire part de notre étonnement, face à la décision du département, rapportée par la presse, de ne plus agir en faveur de la villa Cavrois. Compte tenu des propos qui lui étaient prêtés, nous lui précisions aussi que notre action n'était pas, à cette date, critique envers les collectivités territoriales et notamment le département.
Fin février, pour le département, mi-mars pour la Communauté Urbaine, nous avions le plaisir de recevoir des réponses qui reconnaissaient notre association comme interlocuteur. La Communauté Urbaine précisant que le Directeur de l'Agence d'Urbanisme, Monsieur Francis AMPE, était notre correspondant privilégié.
Il le fut, en effet, nous informant, chaque fois que nous le lui demandions, de l'état d'avancement des négociations, tractations, marchandages et autres péripéties découlant des prises de position du propriétaire de la villa.
Des contacts et des entretiens divers eurent lieu avec la Communauté Urbaine. Une relation s'établit. Il est à souhaiter que la décision du département, dont nous avons eu officieusement connaissance, nous permette de trouver auprès de celui-ci, le même accueil. Pour sa part, le bureau de l'Association s'y efforcera. Notre relation, se voulant une critique constructive, se résume en trois mots : confiance, réalisme et vigilance.
Pour conclure ce chapitre des relations avec les collectivités locales, je voudrais souligner la qualité du soutien que nous a accordé Monsieur DEBEUNNE, Maire de Croix. Soutien dont nous bénéficions chaque mois pour nos réunions. Soutien, par l'acceptation de domiciliation de notre siège à l'office culturel. Soutien, par les rencontres que nous avons eues. Soutien concret, par l'engagement de la municipalité, manifesté par les refus successifs de permis de construire sur la propriété.
LES INTERVENTIONS AUPRES DES ADMINISTRATIONS
Dès le 15 février 1991nous sommes intervenus auprès des administrations régionales et nationales concernées, pour obtenir que des mesures d'urgence soient prises. Il convenait d'assurer le clos et le couvert de la villa, évitant ainsi les atteintes des intempéries et les dégradations d'origine humaine.
Dans ce domaine, il nous faut reconnaître que si nos interlocuteurs ne sont pas avares de bonnes paroles, les actes ne sont pas là. Il n'est pas impossible que les moyens légaux d'intervention n'existent pas. Il n'est pas envisageable de penser que leur centre d'intérêt exclut l'architecture des années 1930.
LES LIENS AVEC LA PRESSE
Au niveau local, nous avons trouvé auprès des médias communautaires, un écho à toutes nos informations. Cet appui, sans réserve, nous a d'ailleurs valu le seul contact que nous ayons eu avec les propriétaires actuels de la villa.
En effet, à la suite d'un entrefilet, discret et factuel, une conversation téléphonique de trois-quarts d'heure, nous a permis de mieux cerner les préoccupations financières, culturelles et sociales du gérant de la S.C.I. Kennedy Roussel.
Au niveau national, nous avons réussi à faire percer des informations dans le Figaro et la revue Beaux Arts. La disponibilité réduite de votre Président n'ayant pas permis une persévérance dans la démarche.
CONCLUSION SUR L'ACTIVITE 1991
Un petit noyau d'entre nous - de 8 à 2 - s'est retrouvé chaque dernier vendredi du mois, sauf en juillet et en décembre.
Chaque réunion a permis d'échanger informations et documents, et de mieux cerner les orientations que nous voulions donner à notre action. Les éléments qui figurent ci-dessus me laissent penser
- que nous nous sommes un peu connus,
- que nous nous sommes un peu reconnus.
L'AVENIR :
Quatre actions importantes nous attendent :
- transformer le "un peu connus" et "un peu reconnus" en beaucoup,
- travailler nos relations avec le Conseil Général,
- définir et exprimer le projet que nous voulons pour la villa,
- amplifier la sensibilisation pour la presse.
Pour cela, il est nécessaire que chacun apporte à l'association un peu de disponibilité, fasse beaucoup de propagande et paye sa cotisation 1992.
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Toute cette action n'aurait pu se faire sans l'activité des membres du bureau :
- Jacques FERLA, dont la vigilance financière nous permet d'avoir quelques sous devant nous.
- Mathieu HAZARD, dont l'imagination sans borne et la passion sans fin ont permis, avec la complicité de Gonzague HOUBRON, la création d'une plaquette suffisamment convaincante pour les personnalités qui nous ont rejoints.
- Richard KLEIN, dont les connaissances et les compétences nous ont permis de mieux cerner l'œuvre de Mallet-Stevens au cours de la conférence tenue au Musée de Roubaix, le 25 janvier 1992.
J'ajouterai à cette équipe, bien épaulée par d'autres, des remerciements particuliers a
- Eric DUBAMEL, créateur de notre papier à lettre,
et
- Vincent BOOM, sans lequel nous ne sérions pas là ce soir.
Le Président, Eric Laurent.
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