Décembre
2003
Le LANCEMENT d’une première campagne de TRAVAUX de
restauration du clos et du Couvert :
Sur
cette page : le texte de l’avis d’appel d’offres et une sélection d’articles
de presse consacrés au lancement des travaux…
A la suite de
l’Appel d’Offres pour la réalisation des travaux de restauration du clos et couvert et de
consolidation du gros œuvre, lancé le
30 septembre 2003, 35 entreprises ont remis une offre de prix (au plus tard le
21 novembre 2003), sur la base du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE)
établi par Monsieur Michel GOUTAL, architecte en Chef des Monuments Historique
et maître d’œuvre de l’opération.
Les travaux, qui visent à rétablir le clos et le
couvert, à rétablir les volumes intérieurs d’origine et à consolider ou refaire
le gros-œuvre, se répartissent en 5 lots :
Lot 1 : Installations de chantier, échafaudages
parapluie, maçonnerie, pierre de taille ; Lot 2 : Béton armé
en restauration et en neuf ; Lot 3 : Dépose d’ouvrages en
béton armé ; Lot 4 : Menuiserie métallique, serrurerie,
vitrerie, volets roulants ; Lot 5 : Etanchéité.
Les entreprises
devaient présenter, à l’appui de leur offre, des références et qualifications
spécifiques à l’intervention sur Monuments Historiques.
Les entreprises
adjudicataires sont :
Le groupe Rabot-Dutilleul (via sa filiale Société de Restauration des
Monuments Historiques - SRMH) (lots 1, 2 et 3) / Les Métalliers Lorrains (lot
4) / SOREC (lot 5) ; auxquelles il convient d’ajouter le bureau de
contrôle Véritas et Cobat,
pour la sécurité du chantier.
Les contraintes
budgétaires ont conduit à diviser les travaux en trois tranches : la 1ère
tranche concerne la partie centrale, la seconde l’aile ouest et la troisième
l’aile est. Ils sont prévus pour s’échelonner sur trois ans (jusqu’en 2006), la
première tranche devant être livrée pour fin 2004.
Une quatrième
tranche comporte les options (principalement la terrasse sud) qui seront, ou
non, engagées en fonction des résultats de l’Appel d’Offres.
Leur coût est
évalué à 6,1 millions d’euros.
Pour le moment,
les travaux ne concernent pas la réfection des ouvrages de second-œuvre
(enduit plâtre, fluides, chauffage, électricité, menuiseries intérieures,
revêtements de sol, sanitaires, peinture… etc), les
réaménagements en fonction du programme de réutilisation (non défini à ce jour)
et la remise en état de la partie de jardin rachetée par l’Etat.
Le texte intégral de l’avis d’appel d’offres paru au B.O.A.M.P. (Bulletin Officiel des Annonces des Marchés
Publics) :
Nom et adresse
officiels de la personne publique
: direction régionale des affaires
culturelles.
Personne responsable du marché : M. le directeur, hôtel Scrive,
1, rue du Lombard, 59800 Lille, tél. :
03-20-06-87-58, télécopieur : 03-28-36-62-22, mél : philippe.merlier@culture.gouv.fr.
Objet du marché : travaux de restauration du clos et couvert et
consolidation du gros oeuvre de la villa Cavrois
classée monument historique.
Type de marché de travaux : exécution.
Lieu d'exécution des travaux et de livraison : croix dans le Nord, 59170 Croix.
Caractéristiques principales :
Les travaux consisteront en la consolidation des fondations, la réfection des
réseaux hydrauliques, la démolition pour restitution des volumes d'origine, la
consolidation des structures, la réfection des acrotères et garde-corps,
l'étanchéité des toitures terrasses, la réfection des placages de façades en
briquettes, la remise en état des menuiseries métalliques, le désamiantage de la chaufferie, la mise en place d'un
paratonnerre.
Division en tranches :
Tranche ferme : restauration de la partie centrale.
Tranche conditionnelle n° 1 : restauration du corps ouest.
Tranche conditionnelle n° 2 : restauration du corps est.
Division en lots :
Lot 1 - Installations de chantier-échafaudages
parapluie maçonnerie pierre de taille.
Lot 2 - Béton-armé en restauration et à neuf.
Lot 3 - Dépose d'ouvrages en béton armé.
Lot 4 - Menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants.
Lot 5 - Etanchéité.
Possibilité de présenter une offre pour plusieurs lots.
Durée du marché ou délai d'exécution : 36 mois à
compter de l'attribution du marché.
Modalités de financement et de paiement : le délai maximum de paiement des acomptes et du solde
des marchés est de 45 jours. En cas de dépassement de ce délai contractuel, des
intérêts moratoires seront versés. Le taux de ces intérêts applicable est le
taux de l'intérêt légal en vigueur à la date à laquelle les intérêts moratoires
ont commencé à courir augmenté de deux points.
Forme juridique que devra revêtir le groupement
d'entrepreneurs, de fournisseurs ou de prestataires de services, le cas échéant
: entreprise individuelle ou groupement
solidaire.
Justifications à produire quant aux qualités et
capacités du candidat :
- déclaration sur l'honneur prévue aux articles 45 et 46 du code des marchés
publics ;
- lettre de candidature DC 4 ;
- déclaration du candidat DC 5 F ;
- déclaration du candidat DC 5 E ;
- extrait K ou K bis ;
- attestation de non-condamnation pour infraction au
code du travail ;
- attestation sur l'honneur du candidat indiquant qu'il n'a pas fait l'objet,
au cours des 5 dernières années, d'une condamnation inscrite au bulletin n° 2
du casier judiciaire pour les infractions visées aux articles L. 324-9, L.
324-10, L. 341-6, L. 125-1 et L. 125-3 du code du travail ;
- attestation d'assurance ;
- si l'entreprise est en redressement judiciaire, la copie du (ou des) jugement(s)
prononcé(s) à cet effet ;
- références des prestations similaires de moins de trois ans ;
- lot 1 : installations de chantier, échafaudages parapluie maçonnerie, pierre
de taille, qualifications Qualibat ou références
équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, qualibat 2194 « restauration pierre de taille et maçonnerie
des monuments historiques » ;
- Qualibat 1413 « échafaudages fixes » (technicité
supérieure) ;
- Qualibat 2113 « maçonnerie » (technicité supérieure)
« béton armé » (technicité courante) ;
- Qualibat 6313 « carrelages, revêtements, mosaïques
» (technicité supérieure) ;
- entreprise de type 5.8.P 1 possédant la qualification 5.8.13 « chemisage
continu polymérisé sur place » (réf. fédération nationale des travaux publics)
;
- qualibat 1513 « traitement de l'amiante en place »
;
- Qualibat 1532 « traitement fongicide contre les
champignons lignivores » ;
- Qualibat 7522 « paratonnerre ».
Dossier de références pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat
présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en
importance, effectués dans les cinq dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- échafaudages complexes avec parapluie ;
- tous travaux de maçonnerie de brique, en particulier re-fixation de parements
;
- joints tirés au fer, fournitures à façon, et de pose de carrelage en
extérieur ;
- désamiantage, traitement fongicide, paratonnerres
avec descentes intégrées.
lot 2 : béton armé en restauration et à neuf, qualifications Qualibat ou références équivalentes correspondant aux
critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat
2212, béton armé, technicité confirmée, Qualibat 1233
« pieux forés moulés « (technicité supérieure).
Dossier de références pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat
présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en
importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre ;
- ces références devront porter en particulier sur :
- réparations d'ouvrages en B.A. ;
- reprise d'ouvrages en béton par greffe sur existant, ouvrages B.A. performants (faible épaisseur et forte résistance) et
de grande précision ;
- fondations sur micro-pieux.
lot 3 : dépose d'ouvrages en béton armé.
Qualifications Qualibat ou références équivalentes
correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat 1143, démolition par carottage ou sciage
(technicité supérieure), références et attestations de maîtres d'oeuvre de
travaux déconstruction partielle dans le cadre d'opérations de restauration du
patrimoine bâti du xxe siècle.
Moyens en matériel pour l'hydro- démolition.
Dossier de référencespour chacune des spécialités
ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers
équivalents en nature et en importance, effectués dans les 5 dernières années,
dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- démolition partielle par hydro-démolition d'édifice
du patrimoine ancien en cours de restauration.
L'adaptation du matériel de l'entreprise à la configuration des lieux.
Lot 4 : menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants.
Qualification Qualibat ou références équivalentes
correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat 4413, métallerie (technicité supérieure), 4432
ferronnerie, 4523 fabrication et pose de volets roulants.
Dossier de références :
Pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux
dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans
les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur des restaurations de
menuiseries à guillotine avec mécanisme intégré, du patrimoine bâti du xxe siècle.
Lot 5 : étanchéité.
Qualification Qualibat ou références équivalentes
correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications : Qualibat 3214, étanchéité en matériaux bitumineux en
feuille (technicité supérieure).
3243 : étanchéité liquide coulée in situ (technicité supérieure).
3291 : supports béton cellulaire et autres éléments préfabriqués pour
étanchéité.
Dossier de références : pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat
présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en
importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- la mise en oeuvre de forme de pente en mousse de verre isolante ;
- des chantiers présentant des difficultés techniques similaires ;
- la mise en place d'étanchéité liquide.
Critères de jugement des offres :
Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères
énoncés ci-dessous (par ordre de priorité décroissant) :
- valeur technique de l'offre ;
- prix.
Mode de passation : appel d'offres ouvert.
Date d'envoi du présent avis adressé au J.O.C.E. : 30 septembre 2003.
Date limite de réception des offres : 21 novembre 2003, à 12 heures.
Délai de validité des offres : 120 jours.
Référence d'identification du marché attribuée par la
personne publique : villa cavrois.
Date d'envoi du présent avis à la publication : 30 septembre 2003.
Renseignements relatifs aux lots
Lot 1. - Travaux.
Echafaudages lourds autostables, hauteur 24 mètres
maxi, avec parapluie et étaiements ; restauration d'éléments en pierre de
taille ; nettoyage et refixation des façades en
placage de briquettes ; fourniture et pose de brique, briquette et carrelage à
façon ; protection et revêtement des étanchéités de terrasse ; enduit mince sur
béton ; réfection chutes E.P. encastrées dans murs ;
réfection ou restauration du réseau E.P. enterré ;
petites démolitions de maçonnerie à dépose de calorifugeage en bande plâtreuse
contenant des fibres d'amiante de type Amosite, sous enceinte de confinement
dans la chaufferie ; à traitement curatif et préventif de maçonnerie en
briques, et de dalle, hourdis T.C. infestées par la
Mérule ; à installation de paratonnerre avec descentes tubées intérieures au
bâtiment et prises de terre.
Echafaudages 4 000 mètres carrés
Façades en briquettes neuves 2 530 mètres carrés
Couronnements, appuis et seuils en pierre de Tournai 650 mètres
Revêtement de sol en grès cérame 400 mètres
Descentes E.P. en fonte 320 mètres
Lot 2. - Travaux.
Réparations et renforcements de structures B.A.
(poteaux, poutres, dalles) intégrées dans maçonnerie de brique ; reconstruction
à l'identique d'éléments B.A. par greffe sur
existant.
Fondation par micropieux de type 3 pour
ouvrages en B.A. à reconstruire après démolition.
Traitement structure 119 mètres
Dalles béton 300 mètres
Enduit sur béton extérieur 708 mètres
Lot 03. - Travaux.
Découpe diamantée et hydrodémolition partielles
d'ouvrages en B.A. en élévation (balcons, terrasses,
auvents) :
Démolition dalles et terrasses 490 mètres carrés
Démolition pergola 30 mètres cubes
Lot 04. - Travaux.
Restauration complète et à l'identique de menuiseries extérieures en profils
acier des années 1930 avec mécanisme intégrée de
commande des guillotines et volets roulants motorisés ; restauration de
garde-corps de J. Prouve en acier profilé et fonte d'aluminium.
Menuiseries métalliques 548 mètres carrés
Lot 05. - Travaux.
Réfection sur terrasses, balcons et auvents des étanchéités en multicouche sur
isolation en mousse de verre, ou en résine coulée in situ
Etanchéité avec protection lourde 1 300 mètres carrés
revue de presse :
Nord Eclair –
18 décembre 2003

A la villa Cavrois,
la réhabilitation débutera fin janvier 2004
Du travail d'orfèvre
Effervescence
du côté de la villa Mallet-Stevens hier matin à
Croix. Les acteur financiers et maîtres d'ouvrage
étaient réunis pour une visite de pré-chantier avant le
lancement officiel des travaux fin janvier 2004. Une présentation de travaux
qui s'annoncent des plus minutieux.
Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques, se
régale d'avance : le chantier de la villa Cavrois,
c'est lui qui va le superviser. Et la réhabilitation se révèle minutieuse,
ambitieuse et architecturalement jouissive. Le challenge est en effet de taille
: redonner vie à ce bijou architectural tel qu'il a été conçu par l'architecte
Robert Mallet-Stevens dans les années 30. Comme une
sorte d'hommage à cet architecte, créateur de cet écrin depuis trop longtemps
abandonné. Aujourd'hui, les entreprises (cinq dont trois locales : SRMH-Rabot Dutilleul
construction, Sorec étanchéité, bureau Veritas) chargées de relooker le lieu ont été désignées et
les travaux finalisés, Il ne reste plus qu'a laisser place aux ouvriers.
Les travaux se
dérouleront en trois tranches : la restauration du corps central, l'aile ouest
et l'aile. « Le corps central doit être
réhabilité pour la fin 2004 dans le cadre de Lille 2004 et fin 2006, les
travaux doivent être terminés », explique et espère M. Martineau,
représentant de la DRAC. Il faut dire que les problèmes et contraintes sont de
taille.
A commencer
par le choix de la brique, «nous devons
trouver une brique comparable et compatible avec celle de l'époque. Cette
brique jaune unique et typique du Nord qui donne toute son âme et sa
spécificité à la villa Cavrois », explique M. Goutal.
De
la mécanique de précision
Autre défi :
la restauration ou le remplacement des menuiseries en acier. « Un impressionnant travail d'assemblage a été
réalisé lors de la construction de la villa. De la mécanique de précision, du
haut de gamme avec des châssis de fenêtres à guillotines...».
Il faudra
également traiter le problème de dilatation, l'étanchéité, rétablir le réseau
d'évacuation des eaux... « sans compter les finitions intérieures. Dans la cuisine par
exemple, les carreaux ont été posés sans joints. Pour changer un carreau cassé,
il faut en trouver un de même taille au millimètre près. A chaque pièce son
détail. Ainsi dans le boudoir, il nous faudra recréer à l'identique le
mécanisme de châssis coulissant de fenêtres conçues dans un arrondi »,
explique M Goutal.
Réhabilitation
également des marches en marbre, sauvagement détruites lors des pillages
successifs dont a souffert la villa. A l'intérieur aussi, le corps centraI retrouvera son volume d'origine plancher et
escalier ajoutés en 1949 seront ainsi supprimés.
« Notre plus gros soucis est de réhabiliter ce
monument conçu avec des procédés industriels qui n'existent plus aujourd'hui et
que l'on doit donc recréer manuellement », explique l'architecte.
Entre château
de campagne et hôtel particulier, la villa Cavrois
retrouvera figure humaine en 2006. A qui appartiendra-t-elle alors? Dans le
cadre de la décentralisation, l'Etat, propriétaire du lieu -il réalise une
dépense de 6 100 000 E pour le réhabiliter - souhaiterait le transférer à une
collectivité territoriale. La communauté urbaine, qui s'était portée acquéreur
en 1998, a été citée par M. Martineau, « mais
rien n'est encore décidé. Une fois le décret publié, nous entamerons les
pourparlers avec les collectivités intéressées », assure le représentant du
ministère de la Culture dans la région.
Se
bousculeront-elles au grand porche de la villa ? « Je serais très étonné qu'il en soit autrement. Rappelons que ce
transfert sera gracieux », rappelle M. Martineau.
Si le lieu
restauré s'annonce majestueux, il faudra néanmoins lui trouver une finalité et
surtout l'entretenir. Des projets ont déjà été avancés (musée, villa Médicis du
Nord, pôle culturel...) mais rien n'a encore été arrêté. C'est en substance ce
qu'avait déploré l'association de sauvegarde de la villa qui n'était d'ailleurs
pas invitée hier à cette visite de pré-chantier.
Delphine
Pommier
Légende photo
La villa Cavrois, classée Monument
historique en 1990, a reçu hier la visite de l'architecte, des entreprises
chargées de la réhabilitation et des représentants de l'Etat pour une visite de
pré-chantier.

Villa Cavrois, sur les traces du passé
La villa Cavrois a reçu de la
visite hier. Entrepreneurs, représentants de l'Etat et architecte ont fait un
dernier tour du propriétaire avant le début du chantier qui doit commencer fin
janvier 2004. Retour sur un lieu honteusement dépouillé bientôt sur le chemin
de sa grandeur passée.
Sur les murs
des nombreuses et immenses pièces de la villa Cavrois,
des photos rappellent ce qu'elle était avant. Un lieu empreint d'une majesté presque
oubliée. Des vestiges du passé sont encore visibles : un plancher en bois coulé
dans un moulage, le squelette de l'ascenseur, des marches en marbre dont
certaines ont presque miraculeusement survécu aux nombreux et honteux pillages
dont a souffert la villa... Des images d'un passé auxquelles l'architecte en
chef des monuments historiques, Michel Goutal, veut
redonner vie. Un défi pour les entreprises qui devront travailler à la façon de
Robert Mallet-Stevens, l'architecte créateur de ce
bijou architectural.
Le chantier
est prestigieux et ambitieux (lire en page métropole). Financé à 100% par
l'Etat pour un montant de 6,1 millions d'euros, il devrait s'achever en 2006.
La villa devrait alors être transférée à une collectivité territoriale : le
département du Nord n'est a priori plus intéressé (voir notre édition du 12
décembre en pages régionales). Reste la Communauté Urbaine citée par M.
Martineau. Mais, rien n'est encore arrêté et, tout dépend du projet qui y sera
développé. "Racheter une partie du mobilier
de la villa qui appartient apparemment à un américain et reconstituer une pièce
de l'époque serait une idée" souligne M. Martineau. Une sorte de petit
musée inséré dans un autre projet : pôle culturel, villa Médicis du Nord... Les
idées ne manquent pas. Les finances par contre devront suivre.
D.P.
< Légendes photos >
Façade sud :
la piscine sera remplie de sable afin de la préserver lorsque les travaux
débuterons.
Michel Goutal, l'architecte (à gauche) et Richard Martineau de la
DRAC, devant l'entrée principale de la villa (côté nord).
La salle de
jeux des enfants disposait d'une véritable scène de théâtre (d'où la photo est
prise). De la salle de bain à l'étage, il ne reste plus rien excepté un
pèse-personne (à droite).
La Voix du Nord – 18 décembre 2003

Patrimoine
L'Etat
présente les travaux de restauration qui commenceront à la fin janvier
A Croix, le délicat lifting de la
villa Cavrois
C'est toute la magie de la villa Cavrois.
Défigurée, la belle croisienne collectionne encore les
hommages des visiteurs. L'impressionnante « demeure 1934 », imaginée
pour Paul Cavrois par Robert Mallet-Stevens,
aujourd'hui monument historique et référence art-déco,
aimante. Ils étaient ainsi 800 fidèles lors des Journées du patrimoine, à
hanter ce château de briques jaunes, ayant conscience de le voir pour la
dernière fois dans ce piteux état.
Engagement ferme
En effet, l'Etat, bon prince, tient sa promesse d'engagement
vis-à-vis de sa protégée, lui offrant l'indispensable lifting qui lui rendra une
partie de sa splendeur passée. Du moins, de quoi faire bonne figure pour
attirer les beaux partis ! L'Etat, qui l'a rachetée
en 2001, a programmé 6,1 ME de travaux délicats de restauration, avant de
l'offrir gracieusement en noces à la première collectivité locale séduite, qui
pourrait être la communauté urbaine de Lille. Avant de transférer ce bien
national, adulé de tous, l'Etat démarre donc en janvier la restauration du clos
et du couvert, la réfection des planchers, des terrasses et des garde-corps et
la restitution des volumes d'origine. Des volumes réduits, dans un esprit
traditionnel, par l'architecte Pierre Barbe en 1949 à la demande des Cavrois en ajoutant planchers et cloisons. Restaurée, la
villa s'appréciera dans son volume titanesque, 4 500 m2 dont 1 800
habitables.
Restauration chirurgicale
Les travaux, programmés jusqu'en 2006, ont été présentés
hier par Richard Martineau, directeur de la DRAC, Michel Goutal,
architecte en chef des Monuments historiques, avec les entreprises
principalement locales retenues après appel d'offres européen : Rabot-Dutilleul (maçonnerie), Métallos lorrains
(menuiseries métalliques), SOREC (étanchéité), Véritas
(contrôle) et COBAT (sécurité). La restauration sera chirurgicale vu l'état de
l'édifice
« Une
partie de la ruine de l’édifice vient de la modification des volumes intérieurs
ayant perturbé le cheminement initial des eaux pluviales, intégré dans la
construction », explique
Michel Goutal.
Le chantier s'attachera donc à refaire l'étanchéité,
remplacer de nombreuses menuiseries métalliques élaborées de la villa, démolir
des planchers, cloisons ajoutés mais aussi à dénicher la fameuse brique de
parement jaune, une terre naturelle de couleur et aspect similaires : « Restaurer
une villa de 1934, c'est plus compliqué que d'intervenir sur une église romane.
Elle présente des éléments industriels qui ne se font plus et que l'on doit refabriquer manuellement. Pour la villa Cavrois,
chaque élément doit trouver une solution innovante. »
Brigitte LEMERY
La Gazette Nord Pas de Calais – 25 décembre 2003


Croix – Opération de chirurgie pour la villa
Cavrois
<photo AFP – Philippe Huguen>
Légende :
Michel Goutal, architecte en chef des monuments de
France : « Nous devons décortiquer et reproduire manuellement des anciens
procédés industriels. C’est une réflexion pour chaque objet présent sur le
site ».
Caroline
BEHAGUE
Les travaux de restauration de la villa Cavrois
vont débuter début janvier. Des opérations d'une grande technicité que prennent
en charge trois entreprises : SRMH, Sorec et Les Métalliers
Lorrains. Mais les travaux concernent essentiellement l’extérieur du site. A
l'intérieur, les initiatives restent suspendues au choix du futur usage du
site.
Le gardien de la villa Cavrois s'ennuie. Recruté par la Direction régionale des
affaires culturelles, il y a un peu plus d'un an, l'homme veille sur l'édifice,
inoccupé depuis 1986, lugubre et sans vie. La présence dissuasive d'un gardien
a permis d'arrêter les pillages et les dégradations de ce bâtiment, classé
d'office en 1990. Mais, exception faite des Journées du patrimoine 2003 (où
près de 800 personnes ont visité la dernière oeuvre de l'architecte Mallet Stevens), l'homme qui veille sur ce chef-d'oeuvre
dégradé, planté dans un immense parc, a parfois le spleen.
Le plan arrêté par la DRAC pour la
rénovation va tirer le site de sa léthargie. L'Etat
devenu propriétaire en 2001, après les défections successives du conseil
général du Nord et de la communauté urbaine, a bien l'intention de sauver la
"folie Cavrois", maison qui condense les
idées du célèbre Mallet-Stevens, connu pour son
étonnante modernité, fondateur de l'Union des artistes modernes. Un
investissement de 6,1 millions d'euros, dans des travaux qui s'étaleront entre
2004 et mi-2006, devraient redonner au site son aspect extérieur d'origine et
lui faire retrouver ses volumes intérieurs d'origine.
Un chantier atypique. Un chantier tout à fait atypique. « Restaurer
un bâtiment moderne se révèle plus difficile qu'une église romane », explique
Michel Goutal, architecte en chef des monuments de
France. « Il est plus facile d'industrialiser des méthodes manuelles.
Dans le cas de la villa nous devons décortiquer et reproduire manuellement des
anciens procédés industriels. C'est une réflexion pour chaque objet présent sur
le site. »
Malgré cette contrainte, 35
entreprises se sont présentées sur l'ensemble des lots de l'appel d'offres. Le
groupe Rabot Dutilleul, via sa filiale SRMH - société
de restauration des monuments historiques - décroche trois lots sur cinq, soit
un marché total de 3,8 millions d'euros. Cette filiale qui compte 20 salariés
est notamment déjà intervenue sur les rénovations des églises Saint-Martin à
Roubaix, Saint-Eloi à Dunkerque ou encore la
cathédrale de Cambrai. « Le chantier de la villa fait appel à des techniques spécifiques. Notre difficulté
sera de trouver des partenaires intéressés pour intervenir sur de petites
quantités », confie le gérant de SRMH, par ailleurs directeur général
de Rabot Dutilleul. La réalisation des briques de
parement posera notamment problème. Les briques de terre cuite, dont la villa
se pare, de 26 modules différents, devront être de nature similaire à celle
utilisée en 1932, c'est à dire ayant la même couleur et même granulométrie. Une
mission difficile...
L’entreprise Les
Métalliers lorrains aura à charge la rénovation des menuiseries métalliques.
Des menuiseries qui demandent une réalisation artisanale d'une précision
absolue pour faire fonctionner les très larges fenêtres à guillotine ou pour
les faire coulisser. Et le chantier ne sera pas non plus de tout repos pour
l'entreprise roubaisienne SOREC qui a décroché le lot "étanchéité".
Les murs et les terrasses ont eu à souffrir d'une grosse percolation.
L'architecte Michel Goutal préconise de retrouver et
rétablir le cheminement de l'eau utilisé à l'origine.
Futur encore indéterminé. Au terme de ce chantier, la villa
retrouvera une partie de sa splendeur d'antan, Mais... ne sera pas pour autant
prête pour une réutilisation. En effet les travaux actuels ne prévoient pas la
remise en état des réseaux électriques ou de chauffage. L'ascenseur de la
villa, qui compte deux étages, est détruit les escaliers de marbre sont brisés
et l'éclairage manquant. Des finitions qui s'évaluent à quatre millions
d'euros. « Nous n’avons pas encore de parti pris pour l’intérieur de la
villa », renseigne Jacques Philippon,
conservateur régional des monuments historiques. La villa Cavrois,
dont le transfert de propriété est jugé souhaitable par l'Etat (La Gazette du
11 décembre dernier), pourrait d'ici 2006 changer de propriétaire. Les nouveaux
propriétaires éventuels : la communauté urbaine ou le Département. La
destination et l'usage de la villa se préciseraient alors avec leur
collaboration. Les travaux de finition également. Ce qui d'ailleurs pourrait
effrayer les candidats qui s'étaient successivement désistés (en 1993 pour le
conseil général du Nord et en 1999 pour la CUDL). La villa se porte mieux - les
visites au public recommenceront fin 2004 - mais n'est pas encore totalement
tirée d'affaire.
La Croix du Nord (26 décembre 2003)

< retour au sommaire "Le Dossier" >
|
|