Décembre 2003

Le LANCEMENT d’une première campagne de TRAVAUX de restauration du clos et du Couvert :

 

Sur cette page : le texte de l’avis d’appel d’offres et une sélection d’articles de presse consacrés au lancement des travaux…

 

A la suite de l’Appel d’Offres pour la réalisation des travaux de restauration du clos et couvert et de consolidation du gros œuvre, lancé le 30 septembre 2003, 35 entreprises ont remis une offre de prix (au plus tard le 21 novembre 2003), sur la base du Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) établi par Monsieur Michel GOUTAL, architecte en Chef des Monuments Historique et maître d’œuvre de l’opération.

Les travaux, qui visent à rétablir le clos et le couvert, à rétablir les volumes intérieurs d’origine et à consolider ou refaire le gros-œuvre, se répartissent en 5 lots :

Lot 1 : Installations de chantier, échafaudages parapluie, maçonnerie, pierre de taille ; Lot 2 : Béton armé en restauration et en neuf ; Lot 3 : Dépose d’ouvrages en béton armé ; Lot 4 : Menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants ; Lot 5 : Etanchéité.

Les entreprises devaient présenter, à l’appui de leur offre, des références et qualifications spécifiques à l’intervention sur Monuments Historiques.

Les entreprises adjudicataires sont :

Le groupe Rabot-Dutilleul (via sa filiale Société de Restauration des Monuments Historiques - SRMH) (lots 1, 2 et 3) / Les Métalliers Lorrains (lot 4) / SOREC (lot 5) ; auxquelles il convient d’ajouter le bureau de contrôle Véritas et Cobat, pour la sécurité du chantier.

Les contraintes budgétaires ont conduit à diviser les travaux en trois tranches : la 1ère tranche concerne la partie centrale, la seconde l’aile ouest et la troisième l’aile est. Ils sont prévus pour s’échelonner sur trois ans (jusqu’en 2006), la première tranche devant être livrée pour fin 2004.

Une quatrième tranche comporte les options (principalement la terrasse sud) qui seront, ou non, engagées en fonction des résultats de l’Appel d’Offres.

Leur coût est évalué à 6,1 millions d’euros.

 

Pour le moment, les travaux ne concernent pas la réfection des ouvrages de second-œuvre (enduit plâtre, fluides, chauffage, électricité, menuiseries intérieures, revêtements de sol, sanitaires, peinture… etc), les réaménagements en fonction du programme de réutilisation (non défini à ce jour) et la remise en état de la partie de jardin rachetée par l’Etat.

 

 

Le texte intégral de l’avis d’appel d’offres paru au B.O.A.M.P. (Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics) :

Nom et adresse officiels de la personne publique : direction régionale des affaires culturelles.
Personne responsable du marché : M. le directeur, hôtel Scrive, 1, rue du Lombard, 59800 Lille, tél. : 03-20-06-87-58, télécopieur : 03-28-36-62-22, mél : philippe.merlier@culture.gouv.fr.

Objet du marché : travaux de restauration du clos et couvert et consolidation du gros oeuvre de la villa Cavrois classée monument historique.

Type de marché de travaux : exécution.

Lieu d'exécution des travaux et de livraison : croix dans le Nord, 59170 Croix.

Caractéristiques principales :
Les travaux consisteront en la consolidation des fondations, la réfection des réseaux hydrauliques, la démolition pour restitution des volumes d'origine, la consolidation des structures, la réfection des acrotères et garde-corps, l'étanchéité des toitures terrasses, la réfection des placages de façades en briquettes, la remise en état des menuiseries métalliques, le désamiantage de la chaufferie, la mise en place d'un paratonnerre.

Division en tranches :

Tranche ferme : restauration de la partie centrale.
Tranche conditionnelle n° 1 : restauration du corps ouest.
Tranche conditionnelle n° 2 : restauration du corps est.

Division en lots :

Lot 1 - Installations de chantier-échafaudages parapluie maçonnerie pierre de taille.
Lot 2 - Béton-armé en restauration et à neuf.
Lot 3 - Dépose d'ouvrages en béton armé.
Lot 4 - Menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants.
Lot 5 - Etanchéité.
Possibilité de présenter une offre pour plusieurs lots.

Durée du marché ou délai d'exécution : 36 mois à compter de l'attribution du marché.

Modalités de financement et de paiement : le délai maximum de paiement des acomptes et du solde des marchés est de 45 jours. En cas de dépassement de ce délai contractuel, des intérêts moratoires seront versés. Le taux de ces intérêts applicable est le taux de l'intérêt légal en vigueur à la date à laquelle les intérêts moratoires ont commencé à courir augmenté de deux points.

Forme juridique que devra revêtir le groupement d'entrepreneurs, de fournisseurs ou de prestataires de services, le cas échéant : entreprise individuelle ou groupement solidaire.

Justifications à produire quant aux qualités et capacités du candidat :
- déclaration sur l'honneur prévue aux articles 45 et 46 du code des marchés publics ;
- lettre de candidature DC 4 ;
- déclaration du candidat DC 5 F ;
- déclaration du candidat DC 5 E ;
- extrait K ou K bis ;
- attestation de non-condamnation pour infraction au code du travail ;
- attestation sur l'honneur du candidat indiquant qu'il n'a pas fait l'objet, au cours des 5 dernières années, d'une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire pour les infractions visées aux articles L. 324-9, L. 324-10, L. 341-6, L. 125-1 et L. 125-3 du code du travail ;
- attestation d'assurance ;
- si l'entreprise est en redressement judiciaire, la copie du (ou des) jugement(s) prononcé(s) à cet effet ;
- références des prestations similaires de moins de trois ans ;
- lot 1 : installations de chantier, échafaudages parapluie maçonnerie, pierre de taille, qualifications Qualibat ou références équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, qualibat 2194 « restauration pierre de taille et maçonnerie des monuments historiques » ;
- Qualibat 1413 « échafaudages fixes » (technicité supérieure) ;
- Qualibat 2113 « maçonnerie » (technicité supérieure) « béton armé » (technicité courante) ;
- Qualibat 6313 « carrelages, revêtements, mosaïques » (technicité supérieure) ;
- entreprise de type 5.8.P 1 possédant la qualification 5.8.13 « chemisage continu polymérisé sur place » (réf. fédération nationale des travaux publics) ;
- qualibat 1513 « traitement de l'amiante en place » ;
- Qualibat 1532 « traitement fongicide contre les champignons lignivores » ;
- Qualibat 7522 « paratonnerre ».
Dossier de références pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans les cinq dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- échafaudages complexes avec parapluie ;
- tous travaux de maçonnerie de brique, en particulier re-fixation de parements ;
- joints tirés au fer, fournitures à façon, et de pose de carrelage en extérieur ;
- désamiantage, traitement fongicide, paratonnerres avec descentes intégrées.
lot 2 : béton armé en restauration et à neuf, qualifications Qualibat ou références équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat 2212, béton armé, technicité confirmée, Qualibat 1233 « pieux forés moulés « (technicité supérieure).
Dossier de références pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre ;
- ces références devront porter en particulier sur :
- réparations d'ouvrages en B.A. ;
- reprise d'ouvrages en béton par greffe sur existant, ouvrages B.A. performants (faible épaisseur et forte résistance) et de grande précision ;
- fondations sur micro-pieux.
lot 3 : dépose d'ouvrages en béton armé.
Qualifications Qualibat ou références équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat 1143, démolition par carottage ou sciage (technicité supérieure), références et attestations de maîtres d'oeuvre de travaux déconstruction partielle dans le cadre d'opérations de restauration du patrimoine bâti du xxe siècle.
Moyens en matériel pour l'hydro- démolition.
Dossier de référencespour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- démolition partielle par hydro-démolition d'édifice du patrimoine ancien en cours de restauration.
L'adaptation du matériel de l'entreprise à la configuration des lieux.
Lot 4 : menuiserie métallique, serrurerie, vitrerie, volets roulants.
Qualification Qualibat ou références équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications, Qualibat 4413, métallerie (technicité supérieure), 4432 ferronnerie, 4523 fabrication et pose de volets roulants.
Dossier de références :
Pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur des restaurations de menuiseries à guillotine avec mécanisme intégré, du patrimoine bâti du xxe siècle.
Lot 5 : étanchéité.
Qualification Qualibat ou références équivalentes correspondant aux critères d'attribution de ces qualifications : Qualibat 3214, étanchéité en matériaux bitumineux en feuille (technicité supérieure).
3243 : étanchéité liquide coulée in situ (technicité supérieure).
3291 : supports béton cellulaire et autres éléments préfabriqués pour étanchéité.
Dossier de références : pour chacune des spécialités ci-dessus, le candidat présentera au minimum deux dossiers de chantiers équivalents en nature et en importance, effectués dans les 5 dernières années, dossier comprenant :
- descriptif sommaire des travaux et rapport photo du chantier ;
- montant du marché et délai de réalisation ;
- attestations des maîtres d'ouvrage et maîtres d'oeuvre.
Ces références devront porter en particulier sur :
- la mise en oeuvre de forme de pente en mousse de verre isolante ;
- des chantiers présentant des difficultés techniques similaires ;
- la mise en place d'étanchéité liquide.

Critères de jugement des offres :
Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés ci-dessous (par ordre de priorité décroissant) :
- valeur technique de l'offre ;
- prix.

Mode de passation : appel d'offres ouvert.

Date d'envoi du présent avis adressé au J.O.C.E. : 30 septembre 2003.

Date limite de réception des offres : 21 novembre 2003, à 12 heures.

Délai de validité des offres : 120 jours.

Référence d'identification du marché attribuée par la personne publique : villa cavrois.

Date d'envoi du présent avis à la publication : 30 septembre 2003.

Renseignements relatifs aux lots  
Lot 1. - Travaux.
Echafaudages lourds autostables, hauteur 24 mètres maxi, avec parapluie et étaiements ; restauration d'éléments en pierre de taille ; nettoyage et refixation des façades en placage de briquettes ; fourniture et pose de brique, briquette et carrelage à façon ; protection et revêtement des étanchéités de terrasse ; enduit mince sur béton ; réfection chutes E.P. encastrées dans murs ; réfection ou restauration du réseau E.P. enterré ; petites démolitions de maçonnerie à dépose de calorifugeage en bande plâtreuse contenant des fibres d'amiante de type Amosite, sous enceinte de confinement dans la chaufferie ; à traitement curatif et préventif de maçonnerie en briques, et de dalle, hourdis T.C. infestées par la Mérule ; à installation de paratonnerre avec descentes tubées intérieures au bâtiment et prises de terre.
Echafaudages 4 000 mètres carrés
Façades en briquettes neuves 2 530 mètres carrés
Couronnements, appuis et seuils en pierre de Tournai 650 mètres
Revêtement de sol en grès cérame 400 mètres
Descentes E.P. en fonte 320 mètres

Lot 2. - Travaux.
Réparations et renforcements de structures B.A. (poteaux, poutres, dalles) intégrées dans maçonnerie de brique ; reconstruction à l'identique d'éléments B.A. par greffe sur existant.
Fondation par micropieux de type 3 pour ouvrages en B.A. à reconstruire après démolition.
Traitement structure 119 mètres
Dalles béton 300 mètres
Enduit sur béton extérieur 708 mètres

Lot 03. - Travaux.
Découpe diamantée et hydrodémolition partielles d'ouvrages en B.A. en élévation (balcons, terrasses, auvents) :
Démolition dalles et terrasses 490 mètres carrés
Démolition pergola 30 mètres cubes

Lot 04. - Travaux.
Restauration complète et à l'identique de menuiseries extérieures en profils acier des années 1930 avec mécanisme intégrée de commande des guillotines et volets roulants motorisés ; restauration de garde-corps de J. Prouve en acier profilé et fonte d'aluminium.
Menuiseries métalliques 548 mètres carrés

Lot 05. - Travaux.
Réfection sur terrasses, balcons et auvents des étanchéités en multicouche sur isolation en mousse de verre, ou en résine coulée in situ
Etanchéité avec protection lourde 1 300 mètres carrés

 

revue de presse :

Nord Eclair – 18 décembre 2003

A la villa Cavrois, la réhabilitation débutera fin janvier 2004

 

Du travail d'orfèvre

 

Effervescence du côté de la villa Mallet-Stevens hier matin à Croix. Les acteur financiers et maîtres d'ouvrage étaient réunis pour une visite de pré-chantier avant le lancement officiel des travaux fin janvier 2004. Une présentation de travaux qui s'annoncent des plus minutieux.

 

Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques, se régale d'avance : le chantier de la villa Cavrois, c'est lui qui va le superviser. Et la réhabilitation se révèle minutieuse, ambitieuse et architecturalement jouissive. Le challenge est en effet de taille : redonner vie à ce bijou architectural tel qu'il a été conçu par l'architecte Robert Mallet-Stevens dans les années 30. Comme une sorte d'hommage à cet architecte, créateur de cet écrin depuis trop longtemps abandonné. Aujourd'hui, les entreprises (cinq dont trois locales : SRMH-Rabot Dutilleul construction, Sorec étanchéité, bureau Veritas) chargées de relooker le lieu ont été désignées et les travaux finalisés, Il ne reste plus qu'a laisser place aux ouvriers.

Les travaux se dérouleront en trois tranches : la restauration du corps central, l'aile ouest et l'aile. « Le corps central doit être réhabilité pour la fin 2004 dans le cadre de Lille 2004 et fin 2006, les travaux doivent être terminés », explique et espère M. Martineau, représentant de la DRAC. Il faut dire que les problèmes et contraintes sont de taille.

A commencer par le choix de la brique, «nous devons trouver une brique comparable et compatible avec celle de l'époque. Cette brique jaune unique et typique du Nord qui donne toute son âme et sa spécificité à la villa Cavrois », explique M. Goutal.

 

De la mécanique de précision

Autre défi : la restauration ou le remplacement des menuiseries en acier. « Un impressionnant travail d'assemblage a été réalisé lors de la construction de la villa. De la mécanique de précision, du haut de gamme avec des châssis de fenêtres à guillotines...».

Il faudra également traiter le problème de dilatation, l'étanchéité, rétablir le réseau d'évacuation des eaux... « sans compter les finitions intérieures. Dans la cuisine par exemple, les carreaux ont été posés sans joints. Pour changer un carreau cassé, il faut en trouver un de même taille au millimètre près. A chaque pièce son détail. Ainsi dans le boudoir, il nous faudra recréer à l'identique le mécanisme de châssis coulissant de fenêtres conçues dans un arrondi », explique M Goutal.

Réhabilitation également des marches en marbre, sauvagement détruites lors des pillages successifs dont a souffert la villa. A l'intérieur aussi, le corps centraI retrouvera son volume d'origine plancher et escalier ajoutés en 1949 seront ainsi supprimés.

« Notre plus gros soucis est de réhabiliter ce monument conçu avec des procédés industriels qui n'existent plus aujourd'hui et que l'on doit donc recréer manuellement », explique l'architecte.

 

Entre château de campagne et hôtel particulier, la villa Cavrois retrouvera figure humaine en 2006. A qui appartiendra-t-elle alors? Dans le cadre de la décentralisation, l'Etat, propriétaire du lieu -il réalise une dépense de 6 100 000 E pour le réhabiliter - souhaiterait le transférer à une collectivité territoriale. La communauté urbaine, qui s'était portée acquéreur en 1998, a été citée par M. Martineau, « mais rien n'est encore décidé. Une fois le décret publié, nous entamerons les pourparlers avec les collectivités intéressées », assure le représentant du ministère de la Culture dans la région.

Se bousculeront-elles au grand porche de la villa ? « Je serais très étonné qu'il en soit autrement. Rappelons que ce transfert sera gracieux », rappelle M. Martineau.

Si le lieu restauré s'annonce majestueux, il faudra néanmoins lui trouver une finalité et surtout l'entretenir. Des projets ont déjà été avancés (musée, villa Médicis du Nord, pôle culturel...) mais rien n'a encore été arrêté. C'est en substance ce qu'avait déploré l'association de sauvegarde de la villa qui n'était d'ailleurs pas invitée hier à cette visite de pré-chantier.

 

Delphine Pommier

 

Légende photo

La villa Cavrois, classée Monument historique en 1990, a reçu hier la visite de l'architecte, des entreprises chargées de la réhabilitation et des représentants de l'Etat pour une visite de pré-chantier.

 

Villa Cavrois, sur les traces du passé

 

La villa Cavrois a reçu de la visite hier. Entrepreneurs, représentants de l'Etat et architecte ont fait un dernier tour du propriétaire avant le début du chantier qui doit commencer fin janvier 2004. Retour sur un lieu honteusement dépouillé bientôt sur le chemin de sa grandeur passée.

 

Sur les murs des nombreuses et immenses pièces de la villa Cavrois, des photos rappellent ce qu'elle était avant. Un lieu empreint d'une majesté presque oubliée. Des vestiges du passé sont encore visibles : un plancher en bois coulé dans un moulage, le squelette de l'ascenseur, des marches en marbre dont certaines ont presque miraculeusement survécu aux nombreux et honteux pillages dont a souffert la villa... Des images d'un passé auxquelles l'architecte en chef des monuments historiques, Michel Goutal, veut redonner vie. Un défi pour les entreprises qui devront travailler à la façon de Robert Mallet-Stevens, l'architecte créateur de ce bijou architectural.

 

Le chantier est prestigieux et ambitieux (lire en page métropole). Financé à 100% par l'Etat pour un montant de 6,1 millions d'euros, il devrait s'achever en 2006. La villa devrait alors être transférée à une collectivité territoriale : le département du Nord n'est a priori plus intéressé (voir notre édition du 12 décembre en pages régionales). Reste la Communauté Urbaine citée par M. Martineau. Mais, rien n'est encore arrêté et, tout dépend du projet qui y sera développé. "Racheter une partie du mobilier de la villa qui appartient apparemment à un américain et reconstituer une pièce de l'époque serait une idée" souligne M. Martineau. Une sorte de petit musée inséré dans un autre projet : pôle culturel, villa Médicis du Nord... Les idées ne manquent pas. Les finances par contre devront suivre.

 

D.P.

 

< Légendes photos >

Façade sud : la piscine sera remplie de sable afin de la préserver lorsque les travaux débuterons.

 

Michel Goutal, l'architecte (à gauche) et Richard Martineau de la DRAC, devant l'entrée principale de la villa (côté nord).

 

La salle de jeux des enfants disposait d'une véritable scène de théâtre (d'où la photo est prise). De la salle de bain à l'étage, il ne reste plus rien excepté un pèse-personne (à droite).

 

La Voix du Nord – 18 décembre 2003

Patrimoine

L'Etat présente les travaux de restauration qui commenceront à la fin janvier

 

A Croix, le délicat lifting de la villa Cavrois

C'est toute la magie de la villa Cavrois. Défigurée, la belle croisienne collectionne encore les hommages des visiteurs. L'impressionnante « demeure 1934 », imaginée pour Paul Cavrois par Robert Mallet-Stevens, aujourd'hui monument historique et référence art-déco, aimante. Ils étaient ainsi 800 fidèles lors des Journées du patrimoine, à hanter ce château de briques jaunes, ayant conscience de le voir pour la dernière fois dans ce piteux état.

 

Engagement ferme

En effet, l'Etat, bon prince, tient sa promesse d'engagement vis-à-vis de sa protégée, lui offrant l'indispensable lifting qui lui rendra une partie de sa splendeur passée. Du moins, de quoi faire bonne figure pour attirer les beaux partis ! L'Etat, qui l'a rachetée en 2001, a programmé 6,1 ME de travaux délicats de restauration, avant de l'offrir gracieusement en noces à la première collectivité locale séduite, qui pourrait être la communauté urbaine de Lille. Avant de transférer ce bien national, adulé de tous, l'Etat démarre donc en janvier la restauration du clos et du couvert, la réfection des planchers, des terrasses et des garde-corps et la restitution des volumes d'origine. Des volumes réduits, dans un esprit traditionnel, par l'architecte Pierre Barbe en 1949 à la demande des Cavrois en ajoutant planchers et cloisons. Restaurée, la villa s'appréciera dans son volume titanesque, 4 500 m2 dont 1 800 habitables.

 

Restauration chirurgicale

Les travaux, programmés jusqu'en 2006, ont été présentés hier par Richard Martineau, directeur de la DRAC, Michel Goutal, architecte en chef des Monuments historiques, avec les entreprises principalement locales retenues après appel d'offres européen : Rabot-Dutilleul (maçonnerie), Métallos lorrains (menuiseries métalliques), SOREC (étanchéité), Véritas (contrôle) et COBAT (sécurité). La restauration sera chirurgicale vu l'état de l'édifice

« Une partie de la ruine de l’édifice vient de la modification des volumes intérieurs ayant perturbé le cheminement initial des eaux pluviales, intégré dans la construction », explique Michel Goutal.

Le chantier s'attachera donc à refaire l'étanchéité, remplacer de nombreuses menuiseries métalliques élaborées de la villa, démolir des planchers, cloisons ajoutés mais aussi à dénicher la fameuse brique de parement jaune, une terre naturelle de couleur et aspect similaires : « Restaurer une villa de 1934, c'est plus compliqué que d'intervenir sur une église romane. Elle présente des éléments industriels qui ne se font plus et que l'on doit refabriquer manuellement. Pour la villa Cavrois, chaque élément doit trouver une solution innovante. »

 

Brigitte LEMERY

 

La Gazette Nord Pas de Calais – 25 décembre 2003

Croix – Opération de chirurgie pour la villa Cavrois

 

 

<photo AFP – Philippe Huguen>

Légende : Michel Goutal, architecte en chef des monuments de France : « Nous devons décortiquer et reproduire manuellement des anciens procédés industriels. C’est une réflexion pour chaque objet présent sur le site ».

 

Caroline BEHAGUE

 

Les travaux de restauration de la villa Cavrois vont débuter début janvier. Des opérations d'une grande technicité que prennent en charge trois entreprises : SRMH, Sorec et Les Métalliers Lorrains. Mais les travaux concernent essentiellement l’extérieur du site. A l'intérieur, les initiatives restent suspendues au choix du futur usage du site.

 

 

Le gardien de la villa Cavrois s'ennuie. Recruté par la Direction régionale des affaires culturelles, il y a un peu plus d'un an, l'homme veille sur l'édifice, inoccupé depuis 1986, lugubre et sans vie. La présence dissuasive d'un gardien a permis d'arrêter les pillages et les dégradations de ce bâtiment, classé d'office en 1990. Mais, exception faite des Journées du patrimoine 2003 (où près de 800 personnes ont visité la dernière oeuvre de l'architecte Mallet Stevens), l'homme qui veille sur ce chef-d'oeuvre dégradé, planté dans un immense parc, a parfois le spleen.

Le plan arrêté par la DRAC pour la rénovation va tirer le site de sa léthargie. L'Etat devenu propriétaire en 2001, après les défections successives du conseil général du Nord et de la communauté urbaine, a bien l'intention de sauver la "folie Cavrois", maison qui condense les idées du célèbre Mallet-Stevens, connu pour son étonnante modernité, fondateur de l'Union des artistes modernes. Un investissement de 6,1 millions d'euros, dans des travaux qui s'étaleront entre 2004 et mi-2006, devraient redonner au site son aspect extérieur d'origine et lui faire retrouver ses volumes intérieurs d'origine.

 

Un chantier atypique. Un chantier tout à fait atypique. « Restaurer un bâtiment moderne se révèle plus difficile qu'une église romane », explique Michel Goutal, architecte en chef des monuments de France. « Il est plus facile d'industrialiser des méthodes manuelles. Dans le cas de la villa nous devons décortiquer et reproduire manuellement des anciens procédés industriels. C'est une réflexion pour chaque objet présent sur le site. »

Malgré cette contrainte, 35 entreprises se sont présentées sur l'ensemble des lots de l'appel d'offres. Le groupe Rabot Dutilleul, via sa filiale SRMH - société de restauration des monuments historiques - décroche trois lots sur cinq, soit un marché total de 3,8 millions d'euros. Cette filiale qui compte 20 salariés est notamment déjà intervenue sur les rénovations des églises Saint-Martin à Roubaix, Saint-Eloi à Dunkerque ou encore la cathédrale de Cambrai. « Le chantier de la villa fait appel à  des techniques spécifiques. Notre difficulté sera de trouver des partenaires intéressés pour intervenir sur de petites quantités », confie le gérant de SRMH, par ailleurs directeur général de Rabot Dutilleul. La réalisation des briques de parement posera notamment problème. Les briques de terre cuite, dont la villa se pare, de 26 modules différents, devront être de nature similaire à celle utilisée en 1932, c'est à dire ayant la même couleur et même granulométrie. Une mission difficile...

L’entreprise Les Métalliers lorrains aura à charge la rénovation des menuiseries métalliques. Des menuiseries qui demandent une réalisation artisanale d'une précision absolue pour faire fonctionner les très larges fenêtres à guillotine ou pour les faire coulisser. Et le chantier ne sera pas non plus de tout repos pour l'entreprise roubaisienne SOREC qui a décroché le lot "étanchéité". Les murs et les terrasses ont eu à souffrir d'une grosse percolation. L'architecte Michel Goutal préconise de retrouver et rétablir le cheminement de l'eau utilisé à l'origine.

 

Futur encore indéterminé. Au terme de ce chantier, la villa retrouvera une partie de sa splendeur d'antan, Mais... ne sera pas pour autant prête pour une réutilisation. En effet les travaux actuels ne prévoient pas la remise en état des réseaux électriques ou de chauffage. L'ascenseur de la villa, qui compte deux étages, est détruit les escaliers de marbre sont brisés et l'éclairage manquant. Des finitions qui s'évaluent à quatre millions d'euros. « Nous n’avons pas encore de parti pris pour l’intérieur de la villa », renseigne Jacques Philippon, conservateur régional des monuments historiques. La villa Cavrois, dont le transfert de propriété est jugé souhaitable par l'Etat (La Gazette du 11 décembre dernier), pourrait d'ici 2006 changer de propriétaire. Les nouveaux propriétaires éventuels : la communauté urbaine ou le Département. La destination et l'usage de la villa se préciseraient alors avec leur collaboration. Les travaux de finition également. Ce qui d'ailleurs pourrait effrayer les candidats qui s'étaient successivement désistés (en 1993 pour le conseil général du Nord et en 1999 pour la CUDL). La villa se porte mieux - les visites au public recommenceront fin 2004 - mais n'est pas encore totalement tirée d'affaire.

 

La Croix du Nord (26 décembre 2003)

 

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