Histoire de Nieulles...
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15ème - 19ème siècle : Les origines


Dans un ouvrage des archives de la ville d'Armentières de 1877, on trouve une note manuscrite (non datée) relatant la Fête des Nieulles. Elle y est appelée la Fête aux Nieulles.
Cette note manuscrite énonce la chose suivante :


" La tradition rapporte que les Comtes de Luxembourg, souverains de ce pays, et qui avaient leur résidence à Armentières .../... donnèrent (on ne dit pas à quelle occasion) un grand repas au Magistrat à la Maison de Ville située sur la place.
.../...
Des Nieules se trouvaient au dessert, (on appelle ainsi une espèce de pain asyme fabriqué comme les pains à cacheter mais fort grand), on en jeta au peuple par la Croisées en signe de joie, quelques convives s'avisèrent d'arroser ceux qui les ramassaient. Telle est l'origine que l'on donne à ce que l'on appelle la Fête aux Nieules qui a lieu chaque année le premier lundi de mai, époque où se tient la Foire aux Toiles.
Messieurs les Comtes de Luxembourg fondèrent une somme de trois florins pour faire chaque année un repas anniversaire de cette fête qui s'est perpétué jusqu'à ce jour."





Extrait de la note de 1877

On remarque
que Nieulles s'écrit avec un seul L à cette époque.
Cette note ajoute :


" Le même dimanche, c'est-à-dire le premier dimanche de mai, il y avait une ducasse que l'on appelle la Ducasse de l'Hôpital. Les pauvres admis à l'hospice sont fêtés ce jour là et des marchands de toutes espèces vont étaler leurs marchandises à sa porte. Les habitants du quartier font fête et réunissent leurs amis comme le jour de la fête communale. Ce même jour, l'hospice qui est tenu avec une grande propreté est ouvert pour tous les curieux "



Reconstitution du sceau d'Armentières (XVe siècle)
La Fête des Nieulles perpétue ainsi une tradition vieille de cinq siècles environ. Cependant sa date d'origine est assez floue : en effet, elle est perçue pour certains à partir de 1480 et pour d'autres à partir de 1510
Il est possible de situer l'évènement entre 1413 et 1530. En effet la Fête des Nieulles est venue se greffer sur le troisième jour de la Franche Foire annuelle accordée par Jean Sans Peur le 3 novembre 1413. Par ailleurs si Jacques de Luxembourg a vraiment instauré cette Fête des Nieulles, ce fût avant 1530, date de son décès.
La fête était positionnée en mai à cette époque car pratiquement toutes les chaumières possédaient des métiers à tisser et il semblerait que ce 9 mai fût la Fête de tous les fabricants textiles de la région d'Armentières et du Nord. Le mois de mai fête la Saint Blaise, Evêque de Sébaste en Cappadoce et patron des cardeurs, fileurs, tisserands et drapiers.

La Franche Foire était l'occasion de nombreux échanges commerciaux, les corporations des drapiers y étaient particulièrement représentées : chaque chaumière était autorisée à venir vendre sa toile les jours de la Franche Foire les 9, 10,et 11 mai, jours pendant lesquels la vente s'effectuait sans taxes. Tout le pays était alors en liesse
Il est donc possible qu'à cette date le seigneur de Luxembourg qui festoyait en ville se livra au jet de Nieulles évoqué plus haut.

A de nombreuses reprises au fil des années suivantes, on trouve dans les comptes de la ville, les dépenses occasionnées par le jet des Nieulles lors de la Foire de mai :

  Cc. G6. (cahier.) - 101 feuillets, papier.
Comptes des impôts de la ville d'Armentières du 8 juin 1703 au 7 juin 1704 :
"De la somme de 12 fl. 10 pat., payée à Gillaume Gillon pour les nieulles qu'il at livré pour le service de la ville à la foire d'icelle du noeuf de may de cette année mil sept cent et cincq, que Messieurs du Magistrat jettent tous les ans pour atirer les paysans a venir dans ladite ville; par ordonnance et quittance, 12 fl. 10 pat."

Cc. 73 (Liasse.) - 3 Cahiers, papier.
1722-1725 Comptes des impôts de la ville d'Armentières :
"De la somme de 15 fl. pour 2,400 nieulles jetées à la foir de may."
 


Cette tradition est restée vivace jusqu'à la Révolution Française c'est à dire pendant environ trois siècles. La Fête des Nieulles à été suspendue en 1791, année abolissant toutes les traditions de l'Ancien Régime pour les remplacer par d'autres.
La Fête des Nieulles va revoir le jour vers 1800 (extraits de comptes de 1806 retrouvés), mais certains auteurs la font renaître en 1830.



En 1832, la Fête des Nieulles refait surface, malheureusement avec peu de succès et l'épidémie de choléra d'alors contribue à son arrêt.


1900-1938 : La renaissance


De la fin du 19ème siècle jusqu'à la veille de la guerre de 1914-1918, existait un cortège carnavalesque pour la fête de la toile, avec de nombreux chars, le géant Gambrinus et une Reine de la toile. Mais ces festivités ne portaient pas le titre de "Fête des Nieulles".

En 1938,après un silence de plus de 100 ans, L'Union des Commerçants de la ville qui souhaitait attirer du monde, eût l'heureuse idée de faire revivre cette fête :
Vers 1936, après la crise économique des années 30, on a vu apparaître les congés payés. Or, ces congés ne faisaient pas la joie de tous et notamment des commerçants Armentièrois.
En effet, à cette époque se tenait la ducasse du 15 Août, grande fête de la ville qui attirait énormément de monde et enrichissait les commerces. Or, les congés payés se prenant en Août, tout Armentières avait quitté la ville et par conséquent, la ducasse avait perdu beaucoup de son attrait.
L'union des Commerçants décida de former un comité chargé de réorganiser cette fameuse Fête des Nieulles et de reproduire une certaine animation.

Ce comité bénévole portait le nom de Comité Armentiérois de la Rénovation de la Fête des Nieulles. C'est alors que fût décidée l'élection d'une Reine du commerce, qui est devenue par la suite la Reine des Nieulles.
Sa nouvelle date fût fixée au deuxième dimanche de Septembre. La raison tient au fait que l'Union Horticole Armentiéroise assurât qu'il ferait toujours beau ce jour là. Un changement de lune à cette date, en était la cause. Cette prédiction s'est avérée exacte pendant longtemps, et la période fût nommée " L'été indien ".
En cette année 1938, Armentières en fête chanta son allégresse ; La " Cité de la Toile "sût démontrer qu'elle est un peu également celle de la bière, et sortît alors à nouveau son géant GAMBRINUS.
Ce renouveau fût éphémère pour cause de guerre, et Il allait falloir attendre 15 ans pour que renaisse, pour la seconde fois, le 12 Septembre 1954, la Fête des Nieulles.




Coupure presse du 14 septembre 1954

La fête de 1938 avait connu un très grand succès et beaucoup de personnes en avaient le souvenir. Mais le véritable déclencheur fût le 10ème anniversaire de la libération d'Armentières ainsi que le cinquantenaire de l'Union Commerciale. Malgré certains aménagements, la Fête des Nieulles n'avait pas perdu sa tradition.


1954-1970 : La tradition renouvelée

Les années 50 voient la confirmation de la Reine des Nieulles et de son couronnement en qualité de coeur de la fête. Ce symbole contribuant à ancrer les Nieulles en manifestation populaire et revendiquant ses origines Armentiéroises. L'apparition des grands thèmes fédérateurs se fait à cette époque, pour la joie de tous lors des parades. C'est sans doute le thème de 1956 'Plaisir de vacances' qui va déclencher cet élan. Cette année là, une musique et des textes seront spécialement composés pour l'occasion, et un disque sera enregistré.

A cette époque, les liens avec les associations du canton vont se lier progressivement et conduire chacun à mettre en place une animation ou un char pour participer complètement aux festivités. Ainsi on verra par exemple des scouts réaliser, à l'occasion du thème d'année 1959 Le Cinéma, une reproduction du "Pont de la rivière Kwaï". Thème repris 40 ans plus tard en 1999...


Le Pont de la rivière Kwaï

Les sélections musicales de cette décade ont laissé une large place au registre bals populaires et chanson Française. Gloria Lasso, Sim...



Gloria Lasso - 1956

Sim - 1956

Les années 60 connaissent le succès croissant des thème d'année. D'ailleurs à l'occasion du 10eme anniversaire des Nieulles (après la reprise de 1954) le thème choisit est 'Féerie', le mot n'est pas usurpé puisque le cortège Folklorique comprendra pas moins de 40 sociétés et groupes musicaux !

On remarque toujours la présence des musiques militaires, parmi lesquelles on retrouve des formations Américaines, les années 50 battent leur plein.


Musique Militaire Américaine - 1959

L'aspect sportif n'est pas négligé puisque le critérium des Nieulles qui a lieu chaque année voit passer de nombreux champions dont Jacques Anquetil et Raymond Poulidor.

Les scènes musicales sont, bien évidemment teintées par le 'Yé-Yé' de l'époque. C'est ainsi que Sylvie Vartan, Claude François, entre autres artistes, fouleront les planches Nieullardes...


Sylvie Vartan et les Gams - 1963

Claude François - 1967


La télévision nationale de l'époque fera la déplacement afin d'offrir à la France entière la Fête des Nieulles et d'immortaliser celle-ci en mouvement.


Les Nieulles retransmises à la télévision



1970-2000 : L'ouverture

Les Nieulles version 70 suivent le courant porteur du mécenat avec des partenaires très présents comme EDF-GDF, qui soutenait la mise en place du chapiteau de l'époque où se déroulaient les festivités.
Les spectacles musicaux voguent quant à eux sur la vague de la variété, avec des artistes tels que Joe Dassin, Julien Clerc, Gérard Lenorman etc.



Durant les années 80, les grands thèmes fédérateurs de la fête sont ravivés et l'ont verra par exemple en 1987 le thème du cirque regrouper tout le monde autour d'animations originales. Le clou du spectacle étant la venue du Cirque Bouglione.


Le cirque Bouglione - 1987

Couverture programme de 1987

La scène musicale des années 80 est composée principalement de chanteurs populaires avec par exmeple Daniel Balavoine, Hugues Auffray...
La taverne flamande est à cette époque un passage incontournable de la fête. Animée par des groupes Flamands ou Bavarois c'était l'occasion de se retrouver dans une ambiance délurée autour d'un verre de bière Armentiéroise.


La taverne Flamande - 1984



Les années 90 seront teintées par la participation grandissante des comités de quartier Armentièrois dans la fête notamment au niveau du cortège folklorique.


Les saltimbanques - cortège 1998

Les spectacles prennent la dimension de concert, avec des groupes ou des scènes composées de têtes d'affiches des classements du moment. Les musiques Dance et Techno sont présentes sur le concert du dimanche soir qui est un rendez-vous régional pour les fans.


Le groupe Génération 70, en compagnie de la Reine - 1996

Le groupe Praga Khan - 1998